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Ramahafadrahona a tiré sa révérence : l’enterrement a eu lieu hier même

Ramahafadrahona a tiré sa révérence : l’enterrement a eu lieu hier même

Journée noire pour la musique malagasy. Le roi du «Vakodrazana», Alphonse Rakotomahafadrahona plus connu sous le nom de scène de Ramahafadrahona est décédé hier matin, à l’âge de 82 ans. L’enterrement a eu lieu hier même à Vinany Itaosy, selon les consignes de l’Etat car d’après les informations officielles, Ramahafadrahona a succombé au Covid-19. La famille a livré une autre version. 

«Voilà quatre jours qu’il a été admis à l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianava­lo­na (HJRA) et les moulins de son cœur se sont arrêtés de tourner hier vers 8 heures du matin, des suites d’une insuffisance cardiaque», a confié son fils Tafs Ramahafadrahona au bout du fil. «Selon le docteur, Papa est un atteint d’une maladie rénale et de la prostate. Mais après sa mort, on nous a remis un certificat de décès lié au Covid-19».
La famille a prévu une veillée funèbre hier à la résidence de l’artiste à Andava­mamba avant de recevoir les consignes de l’Etat de procéder tout de suite à l’enterrement, réservé aux victimes du coronavirus.
«Nous acceptons les dispositions prises et profitons de l’oc­casion pour remercier l’Etat représenté par la ministre Lalatiana Rakotondrazafy», a annoncé Tafs Ramahafadra­hona sur sa page Facebook. D’après ce dernier, la famille compte organiser une conférence de presse ce jour.

L’artiste aux mille facettes

Un artiste aux mille ta­lents, Ramahafadrahona était à la fois chanteur, danseur, écrivain, acteur et férus de sport de combat. Elevé dans l’amour de la musique grâce à des parents mélomanes, le jeune homme qu’il était, marchait d’un pas assuré dans le milieu du «Vako­drazana». Comme si la mu­sique folklorique coulait dans ses veines.
Le chanteur de «Raozy Maria» s’est démarqué du lot grâce à ses dodelinements de tête, façon indienne et no­tamment son vibrato si ca­rac­téristique de la mu­si­que folklorique malagasy. De­puis 1963, ses créations le transportaient aux quatre vents.

De la scène à la radio

Connu pour son très grand sens de l’humour, son sourire contagieux et sa facilité d’élocution, Ramahafa­dra­hona a dévoilé une autre fa­cette de son talent, celui d’animateur radiophonique au micro de la Radio nationale Malagasy (RNM), à l’orée des années 80. L’au­ditorat se souvient des émissions cultes qu’il a produites, à l’instar de «Toko tapaka», «Vava­ha­dy» et «Iza io lehilahy io». Aux côtés de Dadafara, il a aussi animé une émission heb­domadaire consacrée aux «Hiragasy».
«Il faut préciser que Ra­ma­hafadrahona n’a pas suivi de formation spécialisée au métier d’animateur et producteur de radio. Cependant, sa qualité innée d’animateur faisant sa réputation, l’a propulsé au sommet, parmi nos aînés qui ont façonné la radio nationale», a souligné Tsitohaina Rama­ro­lahy, un de ses collègues de travail.

Pluie d’hommages

Le choc est immense pour de nombreux artistes pour qui le roi du «Va­ko­dra­zana» a été une source iné­puisable d’inspiration, à l’image de Rossy qui a dit «Bon vent Ramafa. Nous avons fait de notre mieux. Je n’oublierais jamais ces merveilleux mo­ments pendant lesquels tu nous as initiés aux rythmes du Va­ko­drazana dans l’enceinte du Lycée d’Ampefiloha, les séances chorégraphiques avec Tsarafara aussi appelé Rajao et ton engagement en faveur des habitants des bas-quartiers».
«J’ai eu l’occasion de travailler en coulisse avec lui en amont d’un spectacle prévu en 2014. Ce fut un homme de précieux conseils dont j’ai pu apprécier la sagesse et l’intelligence», se remémore le danseur Navin, qui le qualifie de «Père du folklore malagasy».
«Il laisse derrière lui une œuvre foisonnante, marquée par un regard résolument moderne, qui a su toucher un vaste public», a conclu Shyn.

Joachin Michaël

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