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Mercredi des idées en goguette: Élections, petites souris en papier pour amuser la démocratie

Importance de la considération pour autrui

Parfois la considération ou même l’appréciation empreinte d’un profond respect réciproque entre deux personnes résiste au temps plus qu’un sentiment d’attachement de l’une à l’autre. Presque trente ans que Vatolampy et Lema ne s’étaient pas rencontrés, pourtant ce dernier n’a pas manqué la première occasion pour rendre visite à cet homme à l’endroit duquel il a éprouvé et ressent toujours profond respect à cause de la volonté que celui-ci manifeste pour chercher le bonheur à l’intérieur du cercle fait davantage de défaveurs où le sort l’a placé dès sa naissance. Ayant trouvé un job d’ouvrier agricole dans la propriété des parents de Lema, et obtenu un logement pour y organiser une vie de famille, dès ce moment il s’est dit avoir épuisé son capital ambition et n’avait plus de prétention que de savoir exploiter au mieux au profit de ses enfants la « chance » qu’il a eue. Il pensait avoir lié à jamais son sort à celui de la famille propriétaire de ces quelques trois ou quatre hectares à moins de 10 kilomètres du centre-ville, surface trop réduite ou trop grande pour une exploitation agricole selon les règles. Le père de Lema, d’un esprit citadin par ses souches familiales, s’étant forgé une mentalité de pionnier terrien pour s’être imposé quinze années de brousse, en héritant de cette propriété a sans doute voulu faire la part des choses, en essayant de trouver une place à certaines activités agricoles aux abords de la ville.
Lema entendait les deux discours, celui de son père et celui de Vatolampy. L’un employeur, l’autre salarié de celui-ci, ne serait-ce qu’à cause de ces points de vue différents, portaient des regards différents chacun correspondant à son poste d’observation, pourtant à réécouter en mémoire ce qui reste de leur vision, il semble que leurs idées se complétaient plus qu’à opposer.
Trente ans d’absence n’ont rien effacé de l’appréciation que Lema cultivait de symbole en la personne de Vatolampy. Mais les trente ans sont passés par là, de la force de la nature, Vatolampy, peu de trace sauf à bien y observer : une force de l’esprit derrière un permanent sourire des yeux rayonnant de sérénité. Sérénité n’est pourtant pas ce qui s’adapte le mieux pour qualifier l’atmosphère sociale, les conditions de vie, la mentalité de la population dans son ensemble. En trente ans les choses ont changé ! Circonstances qui semblent indifférer les deux interlocuteurs, trop heureux de se retrouver Vatolampy et Lema reprennent le dialogue comme s’ils l’avaient interrompu la veille.

Depuis les années 60/70 : doute et confiscation
Quasiment dès l’échange de leurs premiers regards, qui malgré grande discrétion reflétait une joie intérieure intense chez l’un comme chez l’autre, Lema a décelé que Vatolampy s’est forci dans sa mentalité, ce qui ne signifie pas qu’il a durci la manière d’appréhender et d’apprécier la réalité, mais d’oser la regarder et l’affronter avec objectivité. La visite de Lema coïncide avec une période de réformes qui mettent en cause des schémas dans lesquels se déroule le système démocratique, sans lui faire l’offense de le soupçonner d’avoir une idée s’y rapportant derrière la tête, Vatolampy s’est réjoui à l’idée de relier aux débats de 68 où l’on scandait « élection trahison » les nombreux sujets de polémiques autour des élections ces jours ci.
Premier essai, premier raté. Il n’y a rien à expliquer, alors que tous les soupçons sont recevables, concernant l’incapacité chronique d’organiser des élections sans tricheries. Aujourd’hui dans l’opposition on en fait un scandale, demain au pouvoir on conserve la formule pour servir de poire contre la soif.
Vatolampy, lui de son côté, s’est engagé dans un mouvement qui milite contre la tendance des classes dominantes à confisquer encore davantage le peu de pouvoir qui reste au peuple, alors qu’en discours on y repose toute la philosophie du système. Pour cet homme le référendum incarne la méthode pour vider de tout pouvoir du peuple la démocratie. Formule idéale que la consultation de la population pour lui donner l’occasion d’exprimer des avis, le référendum prête souvent à organiser des escroqueries à grande échelle (nationale) avec l’idiote et non moins coupable complicité de tous.
Selon Vatolampy la technocratie n’est qu’une démarche pour étouffer le sens de la responsabilité politique citoyenne. Un ministre est avant tout un responsable politique qui a à sa disposition des compétences techniques dans l’appareil de l’état, alors que l’on voudrait faire croire essentiel qu’il soit expert en la matière du département. Pour cet homme il est plus scandaleux et outrageant de réduire le prétendu pouvoir du peuple à un mot « oui » ou « non » en réponse à des textes parfois très pointus recelant mille et une nuances et dont dépend la vie de la nation. Vatolampy caresserait-il dès fois une ambition cachée ?
La réponse est limpide : si la première qualité requise d’un sénateur est la sagesse, il pense pouvoir en assumer la charge. Mais il déplore ne ps appartenir à la classe des éligibles. Il dit faire partie des 80 ou 90 % de la population qui vivent dans la zone des bas salaires, et qui donc sont éliminés d’avance lorsque l’on réclame en caution de la candidature des sommes que certains trouvent dérisoires mais représentant des années de salaires pour ceux qui se trouvent au bas de l’échelle sociale. Avant d’organiser un système électif la démocratie s’est parée d’une méthode sélective.

Léon Razafitrimo

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