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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (67)

 

Cet échec favorisa mon évasion. Deux chefs seuls s’opposaient à mon passage ; mais ayant paré leurs coups, ils s’écrièrent : « C’est un sorcier, nous sommes perdus. » Je profitai de leur stupide saisissement pour rallier les troupes de mon commandement, parmi lesquelles je trouvai plusieurs de mes officiers et de mes soldats qui, me voyant investi, s’étaient sacrifiés pour me secourir. De son côté, le commandant du fort, me voyant dégagé au milieu des ennemis, pointa le canon, et se disposa à y mettre le feu, ce qu’il n’avait osé faire jusque-là, de peur que je n’en fusse moi-même la victime. L’ennemi s’aperçut bientôt de mon évasion, et redoutant l’effet de l’artillerie, il se retira à la hâte vers le bois, en lâchant quelques coups. Arrivé près du fort, je revis mes troupes avec d’autant plus de satisfaction, que je ne pouvais leur donner assez d’éloges pour leur attention à exécuter mes ordres. On me reprochera peut-être de n’avoir pas agi prudemment en me mettant ainsi entre les mains des ennemis, d’autant plus qu’instruit de leur approche, je pouvais les éloigner en faisant usage de mon canon. Je répondrai pour ma justification :

  1. Que pour être libre d’agir contre une nation que l’on se propose de civiliser, il est nécessaire de leur opposer des faits qui prouvent qu’ils sont les agresseurs.
  2. Qu’un chef ne peut se dispenser d’écouter les plaintes. Si j’avais refusé de me rendre à leur invitation, qui avait l’apparence de justice, la partie de la nation qui se plaignait pouvait abuser de ce refus pour inspirer aux autres des sentiments de défiance, et ma conduite leur en aurait fourni le prétexte spécieux.
  3. Si malheureusement, au milieu d’une conférence, j’eusse fait usage du canon, qui ne pouvait manquer de causer un grand massacre, les nations voisines, mal informées des circonstances, m’auraient toujours soupçonné d’avoir prémédité le coup, et de n’avoir mené cette conférence que pour les exterminer. Un événement de cette nature, quoique fondé sur la justice, aurait suffi pour m’aliéner pendant quelque temps tous les esprits ; mais en l’évitant, ma conduite produisit le meilleur effet.

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