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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (66)

 

Ils finirent par observer que leurs intérêts ne leur permettaient pas de souffrir que des troupes eussent un établissement ; ils ajoutèrent que les marchands particuliers, en arrivant chez eux, avaient toujours payé un droit dont cependant ils avaient été privés depuis la naissance de l’établissement ; ils insistèrent principalement sur ce qu’auparavant tous les vaisseaux marchands, et même ceux du roi, saluaient les chefs à leur arrivée de deux coups de canon, honneur que j’avais méchamment aboli.

J’avais écouté tranquillement leur harangue ; me trouvant engagé dans une position très critique, je leur dis qu’ils devaient bien prendre garde à la démarche qu’ils allaient faire ; que nous ayant cédé les terres que nous possédions, ils ne pouvaient les réclamer sans violer leur serment. De plus, comme il existait un traité d’alliance entre eux et l’établissement, toute démarche violente de leur part m’autoriserait à faire marcher mes troupes pour en tirer vengeance ; que la démolition du fort et l’éloignement des troupes de l’intérieur de l’île étaient des choses impossibles à exécuter ; qu’à l’égard des honneurs qu’ils réclamaient, je donnerais des ordres aux officiers de marine de suivre l’ancien usage ; que quant à leur prétendu droit sur les vaisseaux qui entraient dans leur port, je le trouvais ridicule, parce qu’il était inouï que des alliés et des amis reçussent ceux qui venaient pour commercer, par d’autres motifs que celui de les obliger.

Mon discours fit impression sur la multitude ; mais quelques chefs crièrent qu’il fallait en venir aux mains, et firent entendre qu’ils ne pouvaient rencontrer d’occasion plus favorable que celle qu’ils avaient entre les mains, et qu’ils m’obligeraient à faire de force ce à quoi je ne voulais pas consentir de bonne grâce ; en même temps je me trouvai investi de tous côtés, et j’aurais sans doute passé un mauvais moment, si un commandant de mes troupes, à la tête de cinquante noirs, n’eût volé à mon secours. La vigueur de son attaque força une partie des ennemis de se mettre sur la défensive, pendant qu’un autre détachement, qui avait attaqué le fort et avait essuyé une forte résistance, avait été contraint de se retirer en désordre.

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