Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Passeports biométriques malagasy: suspicion de corruption d’un marché public en 2006

Passeports biométriques malagasy: suspicion de corruption d’un marché public en 2006

Un article publié par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCR) le 9 septembre fait état de soupçons de corruption dans l’attribution du marché public de fourniture de passeports biométriques malagasy à une société belge, Semlex, en 2006. L’affaire aurait impliqué divers responsables étatiques de l’époque dont un ancien secrétaire d’Etat à la Sécurité publique.

Publié en anglais sous le titre «Belgian Passport-Maker Paid Bribes to Win Madagascar Contract», l’article rapporte plus concrètement la façon dont la société Semlex a obtenu en 2006 le contrat public de fourniture de passeports biométriques pour le compte de l’Etat malagasy. Un contrat qui a été renouvelé en 2013 pour une nouvelle période de 10 ans. Il semblerait en effet qu’il est courant pour la société en question de «soudoyer» de hauts fonctionnaires pour obtenir des contrats publics, notamment dans divers pays d’Afrique.

Joint au téléphone, le ministre de la Sécurité pub­lique, Fanomezantsoa Ran­dria­na­rison a indiqué qu’il ne dispose pas plus d’informations sur le sujet. «Cette affaire date de 2006 et la plupart des personnes concernées sont déjà à la retraite. Nous sommes en train de recueillir des informations sur ce dossier pour examiner le fondement des éléments rapportées à ce propos», a-t-il soutenu. Il a ajouté par ailleurs que «S’il y aura des enquêtes, nous ne pouvons pas faire obstruction et nous sommes prêts à fournir les dossiers à notre disposition».
Appel aux organes anti-corruption

Faisant suite à la publication de cette information, Transparency International a tout de suite réagi en invitant les autorités compétentes, notamment le Bureau indépendant anticorruption (Bianco) et le Service de renseignements financiers (Sa­mifin), d’enquêter sur cette affaire afin de «confirmer ou d’infirmer sa véracité». L’organisation invite par la même occasion, la Haute Cour de justice, à juger les affaires de corruption impliquant de hautes personnalités politiques, en toute im­partialité et avec célérité. Elle demande aussi au ministère de la Sécurité publique d’expliquer les raisons de l’attribution du contrat de fourniture de passeports biométriques en 2006 et les conditions de son renouvellement en 2013.
«Nous suggérons par ailleurs que les autorités étatiques, tant au niveau du pouvoir exécutif que législatif, s’interrogent sur la pertinence de faire appel à des prestataires externes pour réaliser des missions régaliennes, comme celle de la fourniture de passeports aux citoyens malagasy», pour le communiqué de l’organisme non gouvernemental, tout en notant qu’un audit impartial des conditions d’attribution de l’ensemble de ces contrats, notamment ceux liés à la fourniture de tout type de documents d’identification, devrait être mené sans tarder. «Il nous parait indispensable, au regard des accusations répétées de corruption portées à l’endroit de hauts responsables de l’Etat concernant l’attribution de marchés publics, que soient considérablement renforcés le contrôle et la surveillance des marchés publics», ajoute la missive de Transparency International.

A noter que, toujours d’après l’article, la société Semlex aurait également approché d’autres personnalités politiques dont un ministre des Affaires étrangères en poste en 2010 et 2011, dans le but d’obtenir des contrats publics et d’autres faveurs, en échange d’un soutien politique.

J.P

Les commentaires sont fermées.