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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar
(65)

Le premier juin 1775, à quatre heures du matin, mon interprète m’apprit l’arrivée des chefs Saphirobay, qui s’étaient ligués avec les Seclaves ; il m’assura qu’ils avaient avec eux environ trois mille hommes armés, à l’aide desquels ils voulaient tenter une surprise. Une heure après, le chef Raoul vint me demander un asile pour lui et pour sa famille. Les troupes confédérées avaient mis toutes ses terres au pillage, et il n’avait eu que le temps de s’enfuir ; une partie des siens avaient été faits prisonniers par l’ennemi, et tous ses biens étaient devenus la proie des flammes. Le sort de ce chef infortuné m’affecta vivement, et je l’engageai à se retirer dans le fort avec sa famille. Ce chef, dans la naissance de l’établissement, avait été vaincu par mes alliés, et chassé de sa province, parce qu’il s’opposait à la construction d’une forteresse, et aujourd’hui il était victime de son attachement pour moi.
À neuf heures, les Seclaves et les Saphirobay parurent à la distance de la portée du canon. Leurs troupes étaient au nombre de plus de trois mille hommes. Ils m’envoyèrent des députés pour m’engager à venir dans leur camp écouter leurs motifs de plainte. Cette proposition me surprit d’autant plus qu’elle était appuyée par une force armée. Cependant, pour ne pas leur donner lieu de croire que j’étais intimidé par leur présence, je rangeai mes troupes pour la défense du fort, et me rendis au lieu du rendez-vous. À mon arrivée, j’ordonnai à mon interprète d’écouter leurs propositions et leurs plaintes. Les confédérés demandèrent que je retirasse mes troupes de l’intérieur de l’île, surtout depuis le poste de la plaine de Santé, et que je les dispensasse du vœu par lequel ils s’étaient engagés à me livrer les bords de la rivière de Tingballe, parce qu’ils avaient été surpris par la promesse que je leur avais faite d’un commerce sûr, qui leur rapporterait les mêmes avantages dont ils jouissaient avec les marchands particuliers, et dont ils avaient été privés depuis l’arrivée de mes troupes.

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