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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (35)

 

Le 21, le sieur Savournin et le chirurgien-major m’avertirent qu’il y avait à bord plusieurs hommes attaqués de maladie contagieuse ; je les fis transporter dans l’île d’Aiguillon, pour y faire la quarantaine. Cette maladie se trouva être la petite vérole.

Le 23, le chevalier Sanglier, qui commandait le détachement que j’avais envoyé contre les noirs de Navan, revint à Louisbourg, et m’apprit que le bateau qui portait ces troupes avait chaviré, et que cet accident avait retardé les opérations ; que néanmoins les troupes des alliés avaient réussi à forcer le principal village des ennemis selon mes ordres, quoiqu’il fût bien défendu par des forts, des palissades et des fossés profonds, et que le repaire de ces brigands avait été la proie des flammes.

Le jour suivant, plusieurs chefs de diverses provinces déclarèrent dans leurs cabarres, qu’ils regardaient les Navans comme des traîtres et des parjures, et qu’en conséquence ils les déclaraient esclaves. Ceux-ci, instruits de cette déclaration, se réfugièrent dans la partie septentrionale de l’île.

Le 2 de septembre, voyant que ma position devenait de jour en jour plus critique, et que j’étais continuellement harcelé par les intrigues des chefs de l’Isle de France, qui envoyaient des émissaires pour soulever les naturels de Madagascar contre moi, et ayant tout sujet de craindre que notre état d’affaiblissement ne les encourageât dans le projet qu’ils avaient depuis longtemps formé de nous exterminer, je crus qu’il était de la plus grande conséquence d’obtenir de nos alliés un renfort pour nous défendre en cas de besoin. En conséquence, je convins avec eux qu’ils auraient continuellement sur pied une force de mille deux cents hommes armés.

Cette nation avait une coutume étrange et cruelle, qui était observée depuis un temps immémorial. Tous les enfants qui naissaient avec quelques défauts, ou même certains jours de l’année qu’ils regardaient comme malheureux, étaient sacrifiés aussitôt. Le plus communément ils les noyaient : le hasard me rendit témoin de cette coutume cruelle, quand je descendais la rivière pour me rendre à la plaine de Louisbourg.

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