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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (34)

Justement surpris des procédés des administrateurs de l’Isle de France, dont cette conduite ne me laissait aucun doute qu’ils ne me tendissent des pièges, je défendis, au nom de Sa Majesté, au sieur Savourin de faire le commerce dans la partie du sud ; il m’offrit de payer annuellement au Roi la somme de cent mille livres pour le droit exclusif de commercer depuis la pointe de la baie jusqu’à Foul-Point. J’acceptai cette proposition, qui me parut avantageuse en elle-même, et favorable au bien du service ; et j’en dressai l’acte avec plaisir.
Le 15, les naturels de Navan, conduits par le brigand Siloulout, s’approchèrent de nuit, au nombre d’environ deux cents, dans l’intention d’enlever tout le riz qui était exposé à l’air ; mais surpris par la sentinelle, ils se sauvèrent. Le jour suivant je leur envoyai un interprète, pour les engager à vivre en paix avec nous, et à ne point tenter désormais de pareilles entreprises, s’ils ne voulaient point s’exposer à ma juste vengeance. Ils répondirent à mon interprète avec leurs mousquets, et des hommes qui l’accompagnaient, trois furent tués et six blessés. À cette nouvelle, j’envoyai un détachement de trente-six volontaires, commandés par des officiers habiles, avec ordre de les attaquer de nuit et de passer tous les noirs de Navan au fil de l’épée ; mais les chefs de la contrée attachés à mon parti ne trouvant pas sage que j’employasse des blancs, se chargèrent de l’expédition, pour laquelle ils rassemblèrent sept cents hommes bien armés. Pour les soutenir, j’ordonnai au capitaine Sanglier de les suivre avec un détachement. Pen­dant que cela se passait, le sieur Olivier, qui s’était pleinement justifié, et à qui j’avais défendu de commercer avec aucun officier de l’établissement, s’apercevant que son voyage lui serait très pénible et très coûteux, s’il était obligé de conduire sa cargaison à l’Isle de France, et instruit de l’état de détresse où nous nous trouvions, proposa de vendre son vaisseau au Roi avec trente-quatre noirs et quelques effets ; j’achetai le tout au taux fixé par les gardes-magasins et autres employés, savoir :
Le vaisseau : 30 000
Les esclaves : 10 200
Les effets : 1 600
TOTAL : 41 800
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