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Chronique: C’était mieux avant ? ce sera bien après

En 2014, l’association FIMPIMA affirmait «Mpi­kabary mamorona fa tsy mamerina, mamorona fa tsy manimba, mamorona fa tsy manova». Côté pile, ce slogan est résolument moderne, riche en allitérations et en assonances, il se savoure comme un bon vin. Côté face, il résume admirablement notre force d’inertie liée à la peur de mal faire et de mal dire : innover, c’est bien, mais à quel prix ? Le mpikabary idéal, fin con­naisseur de sa culture, doit être inventif sans dénaturer son héritage.
Le kabary est à la mode et ne connaît pas de barrière d’âge ni de sexe. Pratiquer l’art traditionnel de la rhétorique et de l’éloquence, c’est dire haut et fort son attachement à sa culture, à sa langue et à la terre de ses ancêtres. Amoureux du Verbe, nous apprécions par-dessus tout l’enchantement que procure la musique des métaphores et des proverbes. Emerveillés, conquis, nous restons sans voix devant le savoir-faire de « celui qui maîtrise l’art de la parole ».
Nous aimons tellement écouter ceux qui savent bien parler que nous de­vrions introduire le kabary dans le système scolaire. Imaginez un grand oral pour nos examens officiels. Au CEPE, cela aurait tout de même plus de sens que le sujet d’expression écrite du dernier examen blanc à Antananarivo-Renivohi­tra : les élèves devaient rédiger (oui, rédiger) une facture de fournitures scolaires. Au baccalauréat, le grand oral de kabary aurait une place légitime entre la dissertation de philosophie et la littérature. Mais attention, en lieu et place d’excuses longues comme un jour sans riz, il faudra in­nover.
Pour le meilleur, pas pour le pire, une fois n’est pas coutume, inspirons-nous du monde occidental qui ose tordre et remodeler des traditions sans craindre de froisser ses glorieux aînés. Au contraire, en re­nouvelant ses traditions, il leur rend hommage et les enrichit.
En donnant à nos en­fants, à nos élèves la possibilité de tordre l’art de la parole pour le réinventer et le réenchanter, nous aussi nous rendrons hommage à nos traditions et nous les enrichirons.

Kemba Ranavela

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