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Mercredi ! École buissonnière

Amours, délices et …responsabilités

Wilson Stuart et Irmah Naharimamy ont convenu d’unir leur sort en célébrant officiellement leur lien par une cérémonie de mariage en Mairie,qui s’est tenue à l’Hotel de Ville d’Antananarivo.Jusque là du banal de la vie qui n’a d’extraordinaire que pour chaque couple de nouveaux mariés, auxquels ici on ne peut que souhaiter tout le bonheur de leur vie à deux. Seulement, en l’espèce s’agissant du mariage d’une ministre de la République de Madagascar avec un Chargé d’affaires d’une puissance étrangère, l’évènement sort de l’ordinaire, en raison des charges officielles des deux personnalités engagées dans cette union, bien qu’initiative de l’ordre de la vie privée, rien de plus normal que dans l’opinion publique des commentaires agrémentent l’accueil. Surprenante toutefois la tournure prise par ces commentaires, dès que s’y intègrent des considérations d’ordre politique surgissent des clivages, ce qui prête ouverture à une coloration plutôt discourtoise de remarques déplacées en de telles circonstances, réseaux sociaux obligent. Sans doute que de tous temps de par le monde la sphère des dirigeants recèlent d’épisodes qu’émaillent des anecdotes parfois truculentes relatives à des couples qui évoluent dans ce milieu. Dans le genre, cocasse la passation de pouvoir entre deux conjoints, l’une nommée à la tête du ministère dont son conjoint venait de quitter la charge suite à une alternance au pouvoir de deux présidents qui pour le moins ne se portaient pas dans leur cœur respectif. L’histoire ne rapporte pas de détail, sur une humeur empreinte de gravité ou de gaudriole, du couple ayant quitté le même lit au réveil, se retrouvant dans le même bureau l’un accueillant l’autre en lui formulant la bienvenue, celle-ci en raccompagnant son prédécesseur avec des souhaits de bon vent en cadeau d’adieu, du moins dans le croisement de leur carrière.

Incompatibilité : affaires d’état et confidences sur l’oreiller
La charge de hautes fonctions au sein de la République ne souffre pas le partage de soucis relatifs aux responsabilités inhérentes avec une tierce personne même pas avec son conjoint encore moins lorsque ce conjoint occupe un poste au service d’une puissance étrangère fût celle-ci une alliée. Personne ne sait jusqu’où madame Irma Naharimamy désormais Stuart détient des secrets de stratégie de grande importance, ce qui est certain c’est qu’en sa qualité de ministre elle participe de plein droit à ces conseils au plus haut niveau où l’on adopte les décisions importantes concernant l’action gouvernementale. Sans besoin de suspecter quiconque d’une quelconque volonté de trahison, par précaution on ne saurait dispenser qui que ce soit d’une présomption de faiblesse par un épanchement de confidence à la faveur d’une chaleur intense intime. Les réseaux sociaux sur ce sujet fourmillent d’hypothèses aussi scabreuses les unes que les autres, et les personnes qui n’éprouvent pas grande sympathie pour Madame la Ministre s’en donnent à cœur joie.
Néanmoins malgré ces appréhensions qu’une partie de l’opinion utilise pour dramatiser la situation, les vociférations se heurtent au silence de la loi à propos de la question. On se doute bien que la ministre en informant de son projet ceux qui lui ont fait confiance en l’ayant nommée à cette fonction, a formulé l’annonce avec le tact d’une civilité appropriée en demandant leur aval voire leur bénédiction. Ensemble ont-ils convenu de la suite à donner à Madame Stuart quant à sa fonction de ministre ? Même si certains membres de l’opposition n’hésitent pas à dire leur préférence pour une démission au préalable, un proche avenir révélera le fond politique derrière cet évènement.

Un ballet orchestré
Le mariage d’une ministre et du représentant des USA à Madagascar qu’on le veuille ou non fait date et mérite qu’on lui réserve le faste d’une cérémonie de prestige. Peut-être en raison de la période l’évènement n’a pu réunir plus de monde que ne l’autorise la mesure de confinement, mais ces circonstances ne lui ont pas empêché d’avoir le retentissement qu’il fallait. Si l’on ne veut pas considérer l’officialisation de cette union comme étant le mariage de l’année, il ne reste pas moins que c’est une première du genre.
Le Maire d’Antananarivo a saisi toute l’importance pour habiller de lustres la cérémonie. Au delà des relations officielles qu’il a eues avec la mariée pour leur appartenance au même gouvernement, au-delà de celles qu’il a pu nouer avec le marié au cours de séances de travail en commun ou lorsque celui-ci lui a rendu visite de courtoisie du temps où lui avait en charge la politique étrangère du pays, par son expérience il avait pris la mesure des relations personnelles à favoriser une ambiance sereine propice à un déroulement productif d’une coopération entre les états.
Le profit qu’en tire le pays va au-delà de l’assainissement du climat pour traiter de la coopération, ce mariage qu’a officialisé Naina Andriantsitohaina vaut reconnaissance par l’une des grandes puissances des actes d’état-civil dressés par les édiles du pays. Actuellement, quelques pays cultivent un doute qu’ils disent légitime sur la confiance que l’on peut faire aux actes d’état-civil malgaches. Dans ce sillage certains traînent des pieds à en faire une transcription sur leur registre et ainsi conseillent à leurs ressortissants qui « s’aventurent » dans un mariage mixte d’officialiser l’union de préférence en effectuant l’échange des « oui » au cours d’une cérémonie tenue au consulat. Le mariage du Chargé d’Affaires des États-Unis en l’hôtel de Ville de la capitale exprime une pleine confiance en l’administration malgache, et vaut ainsi message lancé dans la cour de ceux qui par derrière y rechignent, tout en affichant bonne figure par devant.

Léo Raz

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