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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (32)

J’envoyai aussitôt faire la recherche dans ce vaisseau, mais ils étaient si bien cachés, qu’il fut impossible de les trouver. Justement irrité des vils procédés du capitaine, qui, quoiqu’au service de Sa Majesté, osait enlever à cet établissement naissant des ouvriers qui lui étaient aussi nécessaires (car par ce moyen je me trouvais sans armurier, et par conséquent hors d’état d’entreprendre aucuns travaux), j’en donnai avis aux chefs de l’Isle de France, en les priant d’instruire le ministre de ces procédés par la première occasion.
Ma santé, qui avait été longtemps chancelante, commença alors à éprouver les attaques les plus terribles. Mon fils unique, Charles-Maurice-Louis-Auguste, Baron de Benyowsky, mourut de la maladie du pays, le 11 de ce mois, à sept heures du matin. Sa mort me causa les plus vifs regrets ; et le 12, mon major, M. de Marigni, pour les jours de qui j’avais eu tant de craintes, mourut à dix heures du matin. Il fut également regretté et de moi et de tous les officiers du corps. La fièvre qui me tourmentait devenait de jour en jour plus violente, et me força enfin de me rendre à la plaine de la santé. La palissade de Louisbourg étant construite de bois léger, et trop étendue pour pouvoir être gardée par le petit nombre d’hommes qui restaient, je bâtis un fort, que j’appelai Fort-Louis : il était construit du meilleur bois du pays, avec une triple palissade garnie d’une masse de terre qui s’en allait en pente, et d’une banquette très solide, pour faire jouer les bombes ; il était de plus fortifié de travaux avancés. J’en laissai le commandement à M. de Vienne, premier lieutenant, qui avait sous lui cinquante-six hommes, et des officiers subalternes ; ensuite je partis pour la plaine de santé, suivi de trente convalescents ; j’y arrivai le 20 du mois, et aussitôt j’établis un marché pour le riz, les bestiaux et du bois. Au bout de quelques jours, je commençai à me rétablir, ainsi que quel­ques-uns des volontaires que j’avais emmenés avec moi, quoiqu’ils fussent logés dans des huttes faites à la manière du pays, et trop mal closes pour les mettre à l’abri de la pluie.

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