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Bars et discothèques fermés : le monde de la nuit menacé de mort

Bars et discothèques fermés : le monde de la nuit menacé de mort

Les bars et les boîtes de nuit sont fermés depuis quatre mois… Mais ils pourraient bien ne jamais réouvrir. La faillite se profile déjà pour certains établissements de nuit. Et l’ouverture des entreprises jusqu’à 13h ne change pas grand chose pour eux…

Le problème est le même pour tous les patrons : payer les charges sans la moindre rentrée d’argent. A Tana, une centaine de personnels ont déjà été mis au chômage technique, dans des établissements formels. D’ailleurs, ces derniers ne peuvent pas ouvrir en douce comme le font de nombreux bars moins connus.

“Si nous ne rouvrons pas les établissements le plus tôt possible, en assurant les gestes barrières et les protocoles sanitaires validées, j’ai bien peur qu’un grand nombre d’établissement de la nuit ne rouvre jamais”, confirme Johann Pless, président du conseil d’administration de la Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar.

Nadia, serveuse dans un bar depuis deux ans, s’inquiète de son avenir immédiat : “Actuellement je me retrouve dans une situation économique plus que délicate. Officiellement, je suis au chômage technique depuis juin où j’ai été payée pour la dernière fois.” Des établissements vont jusqu’à vendre sur Facebook leur stock de bouteilles d’alcool. “On essaie tant bien que mal de s’en sortir, on n’a pas le choix, il faut s’adapter, témoigne le gérant d’un club de la capitale. Pour notre part, on imagine la réouverture au mois de janvier mais là encore, il y a des paramètres qu’on ne maîtrise pas.”

L’Etat a déjà mis en oeuvre quelques mesures de soutien, avec un bénéfice certain mais limité : “Le report de paiement d’impôt, l’ajournement du règlement des charges sociales ou des factures Jirama, ont permis d’éviter la fermeture définitive de certains établissements, se félicite Johann Pless, qui discute avec l’Etat depuis le mois de mai. Il demande aussi un échelonnement des loyers depuis avril et une prise en charge “pure et simple d’au moins trois mois de factures Jirama.” “De plus, une partie des fournisseurs a accepté de reporter des paiements. Mais jusqu’à quand pourront-ils le faire ?”, s’inquiète-t-il.

Le Président du syndicat demande aussi, dès maintenant, une reprise partielle de l’activité jusqu’à 23h “a minima”. “Nos protocoles sanitaires sont validés et des formations sont déjà données, affirme Johann Pless. Nous pouvons rouvrir et répondre à deux besoins : sécurité sanitaire et sécurité alimentaire des collaborateurs.”

Mais même si le gouvernement déconfinait Tana demain, l’activité serait probablement faible. La crise économique nationale et internationale a fait baisser la demande dans tous les secteurs. Là aussi, les autorités devront orchestrer une relance. En attendant la reprise, plusieurs salariés du monde de la nuit ont déjà lancé un appel de détresse à l’Etat, dès le 8 juin. Sans être apparemment écoutés.

Tiana Ramanoelina

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