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Mercredi ! École buissonnière : Chapelet de dilemmes

Tirée d’une pièce de Molière la citation « fuir ou ne pas fuir » perd de tout son sel quand la vie ne cesse de poser des choix autrement plus dramatiques entre deux options pour trouver la moins tragique de deux solutions sans espoir. De deux maux choisir le moindre découle du simple bon sens, mais à l’extrême telles les conditions actuelles ça ne serait qu’un pari de dupe que d’hypothéquer de­main sans assurance d’en tirer profit aujourd’hui. Nombreux sont ceux qui ployant sous la charge des impossibilités se trouvent réduits à une formulation aussi simpliste des problèmes qui s’enchaînent sans répit. Les circonstances enferment les gens dans un cercle vicieux pour se heurter à deux invariables questions : « sauver quoi ? » et « se sauver où ? »
Actuellement les plus malchanceux, majoritaires dans la population, vivent au quotidien ces pires conditions existentielles, situation autant tragique que celle de ceux, en conscience de leurs responsabilités à gouverner, sachant les moyens limités, se font sincère obligation de sortir le pays et la population de cette impasse.

Mesures drastiques dépourvues de cadre d’application draconienne
Le déploiement des éléments des forces de défense et de l’ordre dans les villes et aux limites des circonscriptions administratives, si inapproprié comme ont le droit de penser ceux qui n’y voient que gesticulations déplacées, trouve justification pour rappeler à toute la population le devoir de respecter avec rigueur militaire les mesures et au besoin pour les agents de la force publique d’aider les récalcitrants à s’y conformer. Déjà malgré cette présence sur terrain qui se veut dissuasive, la première personne venue ne peut que s’interroger sur l’efficacité des mesures de prévention eu égard à la multiplicité des manquements flagrants aux dispositions de discipline. Mal­gré les contrôles qu’effectuent de jour comme de nuit les forces de l’ordre aux limites de séparation entre régions passeurs et clandestins tentent toujours de passer entre les mailles. On imagine aisément, quel « joyeux bordel d’anarchie » c’eût été s’il n’y avait pas eu ces éléments armés représentant la puissance publique. Rapidement pourtant transparaît une impuissance d’autorité dont souffre la puissance publique, les difficultés de sanctionner les infractions concernant les mesures drastiques ré­duisent celles-ci à l’état de simples formules. Dans les dilemmes tels qu’ils se présentent tout choix quel qu’il soit a un défaut de cuirasse. Tant que les forces de l’ordre ont contenu leur intervention à sensibiliser la population, à es­sayer de remettre dans les rangs les indisciplinés, les critiques n’ont pas manqué de reprocher le laxisme dont elles faisaient preuve. À peine réagissent-elles avec un peu plus de ri­gueur qu’une douce ré­pression fait l’objet d’une levée de boucliers de la part des « droits-de-l’hommistes ». qui trouvent raison à réclamer que l’on mette un frein à une systématisation de la détention provisoire.

Enfermement dans un cercle vicieux
Face à la réalité, celle de la pauvreté, on sait l’impossibilité d’adopter dans leur intégralité les mesures de prévention contre la propagation du virus. Ventre affamé n’ayant pas d’oreille, le confinement ne saurait être décrété qu’à temps partiel. Les agglomérations agglutinent la population dans des espaces restreints en rapport au nombre d’habitants, la distanciation physique relève d’une équation impossible en considération de la densité où la promiscuité en est un critère naturel. L’obligation du port d’un masque se réduit à n’être que formalité, faute de moyen d’une majorité de gens à se conformer aux méthodes qui garantissent d’efficacité l’usage… Ces réserves mises bout à bout, on se doute qu’au mieux l’ensemble du dispositif n’a de chance à réussir que des résultats positifs très partiels. C’est mieux que rien, encore faut-il en exiger une application stricte. Sur ce point encore on se heurte au même mur, celui de la misère. On voudrait exiger le respect de ce dispositif avec zéro tolérance à toute transgression, que l’on en aurait pas les moyens, faute de sanctions adéquates. D’emblée il faut éliminer tout recours à des sanctions financières, de façon générale ceux qui enfreignent le plus les règles sont ceux dont les besoins poussent de désespoir à fouiner une chance dans les fouillis obscurs. Les jeter en prison pécherait d’obscénité à vouloir rajouter malheur à la misère. Les aligner à exécuter des travaux dits d’intérêt général non seulement nécessite une toute autre organisation, mais de plus lorsque l’on a sanctionné 10.000 individus tout le monde sait bien que 100 – 200 – 300.000 y ont échappé sans autre raison, ce qui fait passer les 10.000 sinon pour des victimes au moins pour des malchanceux en prime de leur mauvais sort d’appartenir à la catégorie des miséreux. Les conseilleurs qui ne sont pas toujours les payeurs avancent avec désinvolture comme solution la formule de fournir assistance quotidienne per­sonnalisée à tous les nécessiteux. Une lapalissade qui ne fait défaut à l’esprit de toute bonne âme. La réalisation relève d’une organisation et de moyens dont ne dispose pas l’état. Il ne reste pas moins toutefois l’urgence d’apporter secours aux personnes démunies. Dans la réalité on serait amené à dénombrer quelques centaines de milliers de fa­milles, face à ce nombre pléthorique le peu que l’on peut apporter pourrait n’avoir d’effet que celui de cautère sur jambe de bois. Pour l’instant l’état déploie le max qu’il peut. Lors même que cela n’apporterait que mini soulagement, pour l’idée de justice le système mérite l’effort et l’humilité d’apporter amélioration afin que les plus défavorisés d’entre les démunis soient les premiers servis.

Léo Raz

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