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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (27)

Les hôpitaux manquaient de médicaments, et nous n’avions point de chirurgiens assez habiles pour porter du secours aux volontaires qui étaient épuisés par la fatigue des travaux indispensables et par la chaleur du climat. J’avais été obligé de les employer à des fortifications et à dessécher des marais. Le service militaire durant la nuit, qu’exigeait notre propre sûreté, succédait aux fatigues du jour. À tout moment j’attendais avec impatience l’exécution des promesses de M. Maillart ; mais il nous avait oubliés, ou plutôt il nous trompait.
Les premiers jours de mai furent très critiques ; mes troupes furent tellement tourmentées par les maladies que, faute de chirurgien, je fus moi-même obligé de leur donner tous les secours que ma sensibilité et l’intérêt du service me portaient à leur administrer. Mais je fus bientôt réduit moi-même à cet état déplorable ; je résistai durant une semaine entière aux attaques de la fièvre et aux maux de tête insupportables dont elles étaient accompagnées. Mais à la fin, succombant à leur violence, je me fis transporter dans l’île d’Aiguillon, pour y respirer un bon air, et pour m’y remettre un peu de mes fatigues. Le Grand Bourbon, vaisseau de Sa Majesté, mit à la voile le premier de ce mois, pour transporter mes troupes à leur destination. En conséquence, je confiai le commandement de mon corps à M. Marin, lieutenant-colonel, et celui de la place à M. Marigny, mon major, et je partis avec ma famille. Le changement d’air me donna du soulagement, et me mit en état de donner des soins à ma famille, qui était aussi attaquée de la fièvre. Au défaut de chirurgien, je saignai moi-même mon épouse d’une main tremblante, et j’eus le bonheur que l’effet répondit à mes souhaits et que sa santé se rétablit.
Le 14, le Grand Bourbon revint une seconde fois, sous prétexte qu’il manquait d’eau ; cependant M. Marigny m’avait mis sous les yeux un procès-verbal d’une visite qu’il avait faite à bord du vaisseau, et d’après lequel il était constaté que le bâtiment était pourvu d’eau pour plus de deux mois.
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