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Chronique : Rôles ingrats

Assumer le rôle de conseiller exige à la fois probité intellectuelle qu’abnégation. Du reste le terme conseiller n’est pas le terme le mieux approprié, souvent la personnalité qui s’entoure de conseillers n’attend pas de ceux-ci des conseils, mais davantage avis et informations sur un sujet donné afin d’étoffer d’un maximum d’éléments  et ainsi de mieux éclairer sa démarche pour prendre une décision qui relève de sa seule responsabilité. Le rôle se fait non seulement inutile mais prend une dérive délétère si le conseiller rechigne à assumer  avec respect la liberté de livrer dans leur vérité nue les connaissances et informations en sa possession et à exposer sans détour son avis sur le problème pour lequel il  est consulté. L’avis à donner pourrait ne pas correspondre à la pensée du boss, les considérations et avis que l’on a à lui transmettre peuvent même être du genre de ces choses que l’on sait qu’il n’aime pas entendre, circonstance qui ne dispense pas du devoir à les dire et pour cela à faire preuve de courage et d’autorité. Ce seul schéma en justification de l’utilité des conseillers qui entourent les grands décideurs est pourtant pratiqué à rebours, vidé de son sens dans bon nombre de cas actuels. Dieu sait pourtant combien le nombre des conseillers explose, histoire de caser les copains. À chacun des planqués de s’inventer les moyens de préserver sa niche et d’y tisser sa pelote au chaud. Les méthodes s’étalent entre le mode courtisan-carpette avec utilisation de vaporisateur et de brosse à reluire et à l’autre extrême le style pédant réponse-à-tout, toujours prêt à dégainer n’importe quel argument pour abonder dans le sens du patron. À ce jeu là les uns et les autres finissent par oublier que la pérennité de leur nid douillet est liée à la capacité du boss à durer dans les fonctions qu’il assume, or les flagorneries à l’inverse de participer à donner une vision lucide, masquent la réalité et de la sorte savonnent le plancher sous les pieds de celui dont ils ont mission d’éclairer la voie et d’en élaguer branchages et brindilles qui importunent, présentent des risques ou cachent des pièges. On dit que le pouvoir incline parfois à la dérive de  surdimensionner son ego et ainsi de prêter flanc aux courtisans qui poussent à la roue, se transformant sans y prendre garde en vilains ennemis pour l’exercice de la fonction. Du fait qu’ils ne prennent même plus conscience de contribuer au déséquilibre de la personnalité à laquelle ils ont sort lié, on leur accorderait les circonstances atténuantes en considération d’une absence de volonté de nuire, cependant s’agissant de finances de l’état pour leur assurer leur fin de mois, et d’affaires d’état dont leurs boss assument des charges respectives, ils fonctionnent dans un domaine délicat de tolérance zéro en ce qui concerne les erreurs. Le peuple en paie cash les conséquences, les électeurs trouvent justice à s’en souvenir.

Léo Raz

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