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Pérégrinations hebdomadaires : Six jours de vertige

Le coronavirus a en­clenché la vitesse supérieure pour atteindre quel­ques centaines de contaminations/jour comme rythme de croisière. Les prophéties plutôt que prévisions, d’un catastrophisme des plus pessimistes, annoncées par l’OMS reviennent en mémoire et hantent les esprits. Dans un contexte où les compteurs s’affolent traduisant une ag­gra­vation quotidienne, une saine appréhension saisit toute personne do­tée d’objectivité pour avoir conscience du ni­veau du danger. À raison la population cauchemarde, pour le moins le pouvoir doute autant qu’en tant que gouvernants ils sont tenus de prendre des décisions rapides tout en assumant la responsabilité de la situation et de l’évolution de celle-ci. En plein délire les opposants se félicitant presque de l’opportunité espérent trouver la chance de transformer leur rêve en réalité, partager le pouvoir, voire s’en saisir. Ils sont allés jusqu’à assurer de leur soutien le ministre de la santé pu­blique alors qu’ils ont jusque-là pourfendu sans ménagement la politique de santé dont le ministre Ahmad-Ahmad est l’artisan principal aux commandes. Par une initiative personnelle ce ministre a fait monter en flèche la courbe du combat politique faisant d’Ahmad-Ahmad la star du pic de l’actualité cette semaine.

Le véhicule du
coronavirus
Si on connaît une faiblesse au coronavirus c’est bien celle de ne pas avoir capacité à se déplacer de lui-même, il ne possède ni aile ni patte. S’il parvient à se propager, mécaniquement la population y est pour quelque chose. Le virus instrumentalise celle-ci en l’utilisant moyen de déplacement. Ainsi que nous le savons sans constamment le réaliser à l’esprit et sans éviter d’en être des complices inconscients, nous sommes les agents de propagation du coronavirus. Si l’on s’astreint à devoir se laver les mains autant de fois que l’on rentre ou l’on sort d’un endroit où sans y prendre garde on aurait eu un contact avec le virus et à chaque fois que l’on a touché un objet sur lequel il peut se loger, c’est pour se débarrasser de tout risque qu’il nous ait collé à la peau. Pareillement pour qu’il ne s’accroche pas aux tissus de nos vêtements on maintient une distanciation sociale de rigueur, de même les masques contribuent à diminuer les ris­ques de se contaminer mu­tuellement… Le must étant le confinement, toutefois en considération de la si­tuation d’une pauvreté banale dans le pays, im­possible de faire du confinement une application stricte à 100 %. Toutes ces mesures mises bout-à-bout contraignent le coronavirus à stationner et à dépérir sur place.
La panique que provoque sa propagation ac­tuelle inciterait la société entière à se calfeutrer chacun chez soi, pauvreté oblige les personnes démunies de tout ne peuvent se payer le luxe d’ajouter à leur faim chronique la privation de chercher le minimum afin de calmer l’estomac en perpétuelle con­trac­tion faute de matière à broyer. Il appartient à l’état de subvenir aux besoins des plus nécessiteux pour leur permettre de rester confinés et ainsi contribuer à la sécurité de tous plutôt que de les laisser dans leur détresse jouer par mégarde les collabos de l’ennemi. Seulement l’état en raison de toutes les responsabilités qui lui incombent, n’a que des moyens limités pour venir en aide à toutes les catégories de population tombées d’une situation de précarité dans les affres dues à des difficultés impossibles à y survivre sans assistance. Point ne suffit à l’état de dire ses limites pour en convaincre l’opinion, indispensable de faire la transparence des comptes pour que cessent rumeurs et fantasmes auxquels donne raison tout atermoiement à révéler la teneur des dépenses réalisées face à la hauteur des financements obtenus.

L’aveu à effet de bombe
Faire l’aveu d’avoir per­du la maîtrise de l’évolution de la pandémie ne semble pas avoir été le propos du ministre de la Santé. Manifestement l’objectif étant d’obtenir des aides en matériels, en dressant la liste des besoins il a été conduit à reconnaître implicitement l’état d’insuffisance, aveu qui ne cadre pas avec la stratégie de communication adoptée par le pouvoir, à laquelle sur le principe de solidarité gouvernementale au­rait dû se conformer Mon­sieur Ahmad-Ahmad. La bombe a fait peut-être plus de bruit que de ravages. Toujours est-il que de tous côtés on s’est précipité, les uns pour parer à d’éventuelles déflagrations, les autres pour essayer de ré­cupérer la capacité de nuisance de l’initiative.
Deux jours après il semble que l’initiative est dé­nuée autant de toute intention de nuire que d’effet négatif, les plus pressés à avoir réagi s’en trouvent embarrassés. Monsieur Ahmad-Ahmad reste à son poste, vissé à son fauteuil, désormais soutenu par les syndicats dans son ministère qui pourtant auprès de lui en exerçant forte pression revendiquaient la distribution de matériel de protection professionnelle pour le personnel médical. Les opposants qui pour faire la nique au pouvoir se sont rués pour apporter un soutien appuyé à Ahmad-Ahmad risquent d’être gros-jean comme devant. Monsieur Ahmad-Ahmad maintenu à son poste, ils seraient aujourd’hui en peine de brûler l’homme dont ils encensaient la veille le courage politique. La bombe a déblayé un tant soit peu la voie à la politique entreprise pour mener la lutte contre la pandémie. En prime les révélations faites sur l’état des lieux dispenseraient d’avoir à s’expliquer si d’aventure la période pour atteindre ce fameux pic, et donc l’échéance pour espérer une décrue nécessitaient à en reculer le terme. Le charivari provoqué par cette tempête dans un verre d’eau a réussi à préparer la population à envisager cette éventualité.

Léo Raz

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