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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (23)

Dans cette circonstance, je ne pouvais me servir de mes troupes, qui ne connaissaient nullement le pays. J’envoyai donc à la poursuite des déserteurs un certain nombre de noirs commandés par les officiers de mon corps. Cette précaution était d’au­tant plus nécessaire que j’avais déjà eu avis que plus de cinquante autres vo­lontaires, avec deux officiers d’entre eux, avaient projeté de suivre les sept déserteurs. Pour prévenir ce second malheur, je fis mettre toutes mes troupes sous les armes, et après les avoir passées en revue, et leur avoir fait mettre leurs armes à terre, je commandai un tour à droite, et leur ordonnai d’avancer sans leurs armes, qui furent toutes portées dans mon appar­tement. Je fis aussitôt saisir et lier les criminels ; les sept déserteurs furent ramenés le soir ; tous furent inter­rogés dans un conseil de guerre, qui condamna un des conspirateurs à passer aux verges, et trente-trois volontaires à travailler à la chaîne. Leur projet paraissait être de former une li­gue avec les insulaires pour détruire l’établissement et favoriser leur départ sur quelque bâtiment particulier.
Le 6, le Postillon, qui était parti le 3 mars pour Foul-Point, fut de retour ; il rapporta que le chef Hya­vi, malgré tout ce qu’il avait entendu dire par des marchands particuliers contre l’établissement, dé­sirait ar­demment mon ami­tié et me priait d’établir un poste près de lui. Il assura qu’il était prêt à construire une palissade selon mes désirs, et qu’il fournirait tout ce qui était en son pouvoir et en celui des chefs qui étaient sous ses ordres pour le bien de l’établissement. Les chefs de Sainte-Marie vinrent le jour suivant pour solliciter et stipuler un traité de paix et d’amitié, et prêter des serments mu­tuels. Ils me prièrent en même temps d’établir un poste dans leur île, et d’oublier les hos­tilités qu’ils avaient commises dernièrement contre les Français ; hostilités auxquelles, di­rent-ils, ils avaient été poussés par la cruauté et la tyrannie des Français mê­mes. Convaincu de la vérité de ce qu’ils avançaient, je leur promis d’oublier ce qui s’était passé. Ainsi, nous nous prêtâmes des serments mutuels, et je les engageai à envoyer l’un d’entre eux pour ouvrir un commerce d’eau-de-vie et de marchandises, de la sûreté desquelles les chefs répondraient sur leur propre vie.

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