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Chronique: Ministre, rouage majeur dans le fonctionnement de l’Etat

L’opinion ne prend peut-être pas toujours conscience de l’importance du rôle d’un membre du Gouvernement, tant de celui du premier d’entre eux que de celui de tout autre ministre. Le public a vu défiler quel­ques-uns ayant discrédité la fonction par des comportements accordant da­vantage valeur aux fastes artificiels qu’à la con­si­dé­ration d’une noble dignité à devoir assumer les hautes responsabilités dont la fonction les investit, omettant parfois de privilégier l’intérêt général pour mieux soigner des intérêts particuliers. Évidemment et heureusement qu’il en a été et en est d’autres qui savent rendre valeur et veiller au mérite du rang de la fonction qu’elles ou ils occupent, avec le souci de respect dû à la hiérarchie des responsabilités dans l’organisation structurelle de l’Etat. L’ancien premier-ministre Francisque Ravony alors qu’il assistait aux funérailles du général Pierre Rabibisoa, en aparté à la question « as-tu des liens personnels avec le disparu ? “s’est quelque peu offusqué
en répondant « bien sûr, crois-tu que j’assiste à l’enterrement de n’importe quel petit général !” – Toujours aussi modeste ai-je répliqué. – Non, s’est- il empressé d’ajouter, au­cun mépris pour les généraux, pas plus que ces propos n’ont rapport à ma personne, c’est en raison du rang de la fonction que justifie la dignité des hautes res­ponsabi­lités qui y incombent.
Les modalités des systèmes variés relatifs à la nomination du premier-ministre comme à celle des membres du Gouver­nement, nomination qui ne procède pas néces­sairement d’une élection, jettent certes quelques ambiguïtés quant à leur légitimité dans un régime démocratique. Toutefois quel que soit le système, on repose la légitimité de leur nomination sur la volonté à donner liberté à un élu, président de la République, ou à l’ensemble des élus représentants du peuple, Assem­blée nationale, de désig­ner les personnes qu’il ou elle estime les plus aptes à entreprendre efficacement l’action sur la base de la­quelle le peuple lui ou leur a accordé confiance. La constitution de la 4ième République n’a pas explicitement tranché sur les rapports de force dans l’hypothèse de deux majorités différentes qui obligent à une cohabitation, situation que l’on peut estimer paralysante, rendant lettre morte l’un ou l’autre des projets d’évolution de la société et les programmes inhérents qui ont fédéré les suffrages lors de l’une des élections. Le cas n’est pas simple vue de l’esprit, il s’est présenté comme par accident pour inaugurer cette 4ième. L’a­vènement surprise de Hery Rajaonarimampiani­na à la fonction de président de la République suivi de toutes sortes d’intrigues. Au re­gard des us et pratiques dans le milieu po­litique local, qui parle d’intrigues sous-entend trahisons, parfois même au détriment de la loi, puisqu’il arrive que la loi du vainqueur parvienne à obtenir davantage force de loi que n’en possède la loi écrite. Le vainqueur acquiert capacité à devenir faiseur de miracle. Le parti du président Ra­jaonarimampianina fraîche­ment investi n’a pu présenter aucun candidat aux législatives de l’époque, ce parti n’était pas constitué. Quelques mois après pourtant ce parti , le HVM, réussit à former un groupe parlementaire, et de plus ce malgré les dispositions légales qui interdisent aux députés de changer d’étiquette politique au cours d’un mandat. Miracle qui ne procède pas d’une intervention du Saint-esprit, ouvrant à toutes les autres suppositions comme celles que peut-être vous formulez en silence. Cette première mandature de la 4ième a inauguré son ère sous pareils funestes auspices ne pouvait se prolonger d’une seconde bis repetita. Parenthèse un peu longue mais indispensable pour cadrer le rôle des membres du Gouvernement.
Le fléau coronavirus, épreuve subie par tous les pays du monde n’épargne pas Madagascar et ainsi handicape de cette malchance la deuxième mandature. Autre parenthèse : des illuminés en manque d’inspiration cauchemardent à lier l’épreuve du coronavirus à une malédiction d’après eux sanction
à une construction qu’ils considèrent hérétique dans l’enceinte du Rova. Gaffe à la fumette, mollo les basses ! Où étiez-vous, lors d’une cérémonie officielle où l’on a fait honneur à un bouc noir en le montant sous la garde d’un officier supérieur sur une tribune proche de celle où trônait le couple présidentiel ? En matière d’outrage cette scène détient le pompon. Du reste le coronavirus étant un fait planétaire, ça serait signe d’un égocentrisme hautement prétentieux d’avancer qu’il relève d’une punition pour frapper la nation malagasy.
L’initiative du ministre de la Santé ayant sollicité soutien à des organismes internationaux pour apporter contributions matérielles à la lutte entreprise con­tre le coronavirus, a trans­piré dans le public et provoqué questionnements
et commentaires désobligeants. Remue-méninges dans les hautes sphères de la République. Maladresse de sa part sûrement d’avoir laissé échapper à l’extérieur la teneur de sa requête, sans doute aussi faute pour manque de solidarité que d’avoir voulu jouer solo alors que l’action gouvernementale suppose un travail d’équipe. Toutefois un ministre, membre de l’Exécutif n’est pas un simple exécutant. S’il a en charge un département ce n’est pas pour demander une permission à chaque fois qu’il entreprend une action. Si la vision qu’il a de sa charge ne sied pas à la hiérarchie, plus qu’à le charger de tous les maux la solution la plus digne serait de le démissionner. Outre les remous que ça peut entraîner l’essentiel consiste à éviter de dévaluer la fonction de ministre, d’autres en ont suffisamment discrédité le rôle.

Léo Raz

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