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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (22)

Le 26, les Saphirobay m’envoyèrent des présents, et me demandèrent la paix. Je répondis qu’après les entreprises qu’ils avaient tentées contre l’établissement, c’était leur pardon et non la paix qu’ils devaient solliciter ; que je ne leur pardonnerais point, tant qu’ils reconnaîtraient pour leur chef Raoul, dont la conduite envers moi était infâme ; qu’enfin, ils eussent à évacuer la rivière, et à nous en laisser la navigation libre. Les députés se retirèrent en promettant de se conformer à mes désirs. Mais le jour suivant nous éclaira sur la sincérité de leurs propositions ; la rivière fut couverte d’arbres chargés de fruits. Je les fis examiner, et je ne tardai pas à reconnaître que c’était du tanguin, le plus subtil poison de ces contrées, que Saphirobay avait fait jeter dans la rivière pour en corrompre les eaux, qui étaient les seules dont nous fissions usage. Pour préserver mes troupes de leur maligne influence, je fus obligé de faire nettoyer la rivière, et d’envoyer un détachement de naturels, rassemblés et commandés par un gros de volontaires, pour couper et brûler tous les arbres de cette espèce qui étaient dans le voisinage de la rivière. Cette précaution, quoique longue et pénible, était de la dernière nécessité pour nous garantir d’une mort certaine.
Le 30, je me rendis à Ma­nambie, où je découvris une mine de cuivre sur une montagne ; après avoir fait défenses à qui que ce fût d’y toucher, j’en donnai avis au ministre.
Le premier avril 1774, plusieurs chefs d’Angontzi vinrent m’offrir leur amitié, avec promesse de se conformer à toutes les conditions que j’avais déjà proposées peu de temps après mon débarquement ; ils demandaient de plus comme une faveur qu’il fût établi un commerce dans leur contrée. Cette démarche m’engagea à y envoyer un commis avec quatre volontaires et une grande quantité de marchandises.
La nuit suivante, ayant visité moi-même les postes, je m’aperçus que sept volontaires étaient absents avec armes et bagages. Je soupçonnai qu’ils avaient déserté, et les détails que je reçus le lendemain me convainquirent de la vérité de mes soupçons.

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