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Mercredi ! École buissonnière

Une guerre contre un ennemi invisible mais très présent

Dès les premières menaces d’une pandémie afin de sonner l’alerte et de sensibiliser le public, sans vouloir dramatiser plus que de besoin, on a parlé de guerre et souvent utilisé des vocables qui y sont appropriés. À priori l’idée n’était pas mauvaise, toutefois chemin faisant la manière a fait place à des ambiguïtés, faisant naître des doutes ayant fini par créer des foyers de résistance concernant l’application des mesures adoptées par le pouvoir sans préjudice des risques de débordements d’autorité.

Difficulté à devoir se battre contre un invisible
Les sacrifices étant réels l’ennemi invisible, les gens inclinent à croire que l’on se bat contre le vent et que toute cette histoire relève du vent. La tendance à penser de la sorte faisait d’autant tentation quand pendant deux mois on est parvenu à contenir l’ennemi toujours invisible ne réussissant à manifester sa présence qu’à faible intensité imperceptible pour le grand public. L’opinion n’arrivait pas toujours à faire le parallèle entre la nécessité de mobiliser tous les efforts et le besoin de déployer les forces armées et leurs armes de guerre pour combattre un ennemi invisible dont on ignore les caractéristiques essentielles si ce n’est qu’il est rusé et ne craint pas les armes. Pour qui sont donc ces canons et armes qui sillonnent les rues, s’interrogent les gens. En alerte les forces armées auraient elles dû déposer les armes dans les casernes ? Bien sûr que non, d’autant plus qu’elles avaient et ont toujours mission de sécuriser les personnes et les biens, ce qui ne se fait pas les mains vides quand on sait le niveau d’insécurité dans le pays. De plus outre cette vocation de veiller à l’ordre et à établir le calme, elles assurent la délicate mission de surveiller l’application que la population fait des mesures de précaution établies par le pouvoir et au besoin d’exiger un strict respect de ces dispositions. Pour cela les forces de l’ordre nanties de l’autorité de puissances publiques avaient-t-elles la nécessité de la présence des espèces de tank à canons pour leur assurer un éventuel appui ? Sans doute que que non, même dans l’esprit de l’adage local, « basy atifi-kavana… » l’arme que l’on ne cache pas a le mérite d’annoncer à la parentèle que l’on n’hésitera pas à s’en servir en cas de nécessité ». On a sorti le matériel de guerre pour rassurer la population et pour convaincre de la détermination de l’état à se mettre sur le pied de guerre. Malheureusement il n’y a pas que des civils à ne pas avoir compris la signification de ce déploiement de forces, quelques têtes brûlées, des plus belliqueux parmi les bruts dans les rangs des différents corps des forces armées dans leur mission de faire respecter la discipline ont considéré comme ennemis les indisciplinés, et parfois ils s’en affolent de rage et commettent les pires initiatives et actes que l’on couvre pieusement sous l’appellation de bavures pour en faire des exceptions afin que leurs agissements n’éclaboussent pas les corps auxquels ils appartiennent.

De tout ce qui bouge un cheval de Troie
Déjà en temps de paix il n’a pas manqué d’actes coupables commis par des agents de l’un des trois grands corps des forces armées que sont l’Armée la Gendarmerie et la Police Nationale. Évidemment ce n’est pas parce que l’on appartient à l’une de ces forces qui possèdent chacune le prestige qui lui est dû, que nécessairement on est au-dessus de toute faiblesse inhérente à la nature humaine, mais en principe on est doublement responsable des fautes commises dans l’exercice de ses fonctions. On pourrait demandé aux grands patrons respectifs de ces forces si tous les éléments de leur troupe ont bénéficié de la dispense d’une formation pour leur doter d’une mentalité d’une mentalité de quoi assumer un minimum de responsabilité professionnelle, y compris les réflexes inhérents. Plus que de simples incidents, de graves accidents émaillent le parcours de ces forces. L’autorité qui leur est dévolue dans l’exercice de leur fonction vulnérabilise parfois les éléments psychologiquement fragiles les poussant à considérer menace toute forme d’indiscipline dans laquelle ils croient déceler une initiative ennemie. Quand des manifestations excessives de ce zèle se heurtent à la débandade d’une population à cran, lasse des efforts dont elle ne saisit pas toujours l’intérêt et qu’elle s’épuise des sacrifices que l’épreuve impose, des tournures dramatiques deviennent inévitables. Ainsi s’expliquent peut-être sans les justifier ces alarmants événements à Ilakaka, Taomasina. Ça risque de faire phénomène et donc se multiplier en se transformant en résistance populaire. Dérive à laquelle il urge de faire barrage. S’il revient au pouvoir d’en trouver la parade, il appartient à chaque personne qui prend conscience du danger d’exercer son influence dans son entourage pour convaincre du péril que représente pareil comportement, mais aussi à ceux qui espèrent y puiser profit , de cesser d’aviver les feux d’une désunion tragique qui ne laisserait que cendres.

Léo Raz

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