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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (21)

 

Pour faire avorter ce projet détestable, je fis avancer deux pièces de campagne, précédées de cinquante volontaires commandés par deux officiers, qui marchèrent à l’ennemi avec un tel courage, que cette grande multitude de noirs furent saisis d’épouvante. Quelques-uns se retirèrent dans les marais, et le reste gagna les bateaux, d’où ils firent la plus violente décharge ; mais elle ne produisit aucun effet. Cette attaque m’obligea de pointer contre eux mes pièces de campagne. Le premier coup renversa un de leurs plus grands bateaux, et tua plusieurs hommes. Deux jours après cet événement, j’appris d’une négresse que les chefs Saphirobay et Siloulout avaient formé avec Raoul le plan d’une ligue avec les provinces voisines pour anéantir l’établissement. Pour prévenir les effets de cette dangereuse conspiration, j’ordonnai à mon major de se mettre en marche à onze heures de nuit avec un détachement de soixante volontaires, et de s’avancer, dans les chaloupes du Rolland et de l’Oiseau, jusqu’au camp des ennemis, qui était à trois lieues de distance. Ces troupes débarquèrent à trois heures du matin, et sans perdre de temps les attaquèrent et les chassèrent dans le bois ; ensuite ils réduisirent leurs villages en cendres, et renversèrent tous leurs travaux. Ce coup de main rendit la tranquillité à l’établissement ; j’allai avec mon major et l’ingénieur examiner une île élevée, qu’on nomme d’Aiguillon, et qui n’est qu’à une lieue de distance de Louisbourg. Je donnai des ordres pour y construire un four, un hôpital et une redoute pour défendre un jardin de botanique au pied de la montagne de la découverte.

Le 24, six provinces voisines, qui s’étaient réjouies de l’échec essuyé par les chefs Raoul, Siloulout et leurs autres mortels ennemis, députèrent vers moi pour me proposer un traité d’amitié et me faire des présents ; en revanche, et en même temps pour les attacher à nos intérêts, je leur fis distribuer de l’eau-de-vie en proportion de leur nombre, qui était considérable.

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