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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (20)

Ils répondirent à mes interprètes que si je m’avisais de tuer un noir ils tueraient dix blancs. Le même soir, un de ces noirs s’étant avancé avec quelques autres près de la sentinelle placée devant un magasin, et au lieu de répondre, lui ayant décoché un trait, la sentinelle fit feu sur lui, le tua et en blessa deux autres. Cette action, quoique juste, parut aux naturels un motif suffisant de plainte et de représailles ; mais je vins à bout d’en prévenir l’effet. Pour mettre mes gens à l’abri des insultes, je proposai à quatre chefs de me vendre leurs villages, qui environnaient Louisbourg. Ils y consentirent et les évacuèrent aussitôt qu’ils en eurent reçu le prix ; je donnai aussitôt des ordres pour les démolir. Par ce moyen je devins maître de toute la pointe de terre, et mes gens furent moins exposés aux tentations de la séduction.
Le 11, j’envoyai trente bœufs à bord du Rolland et de l’Oiseau. Quoique les noirs se fussent retirés, et qu’ils fussent contents de la somme qu’ils avaient reçue en échange de leurs villages, cependant ils n’avaient pas renoncé au projet de ruiner l’établissement. J’appris d’un nègre libre, qu’ils avaient résolu de nous empoisonner tous, à commencer par moi, par le moyen des provisions qu’ils nous vendraient. Je défendis donc à mes gens de rien acheter des naturels, qu’ils n’y eussent goûté les premiers. Cette épreuve coûta la vie à l’un d’eux ; ayant goûté d’un fruit qu’il offrait de vendre, il tomba mort sur-le-champ. Ses complices, instruits de cet événement tragique qui dévoilait leur complot, se retirèrent au-delà de la rivière. Bientôt après, ils firent feu sur un détachement que j’avais en­voyé pour les reconnaître.
Le jour suivant, un chef nommé Siloulout, sous prétexte de venir me rendre hommage, me demanda une entrevue près d’un bois. Cette demande extraordinaire, jointe au refus de venir au gouvernement, me fit soupçonner quelque perfidie. Je fis épier ses mouvements, et bientôt j’appris que, d’après un complot, formé avec les Saphi­robay, de m’assassiner, il s’était avancé avec trois cents noirs armés ; et qu’un nombre beaucoup plus considérable était caché dans le bois.

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