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Chronique: Zélés comme des autorités de décentralisation

Les gouverneurs de ré­gion ne sauraient préten­dre exercer la fonction d’une autorité décentralisée, adoubés par le Chef de l’Etat ils n’ont pas eu l’onction de la population par la voie des urnes, con­dition indispensable à la réalité d’un système de décentralisation. Comme pour taire les critiques auxquelles ce côté atypique de leur poste actuel prête le flanc en temps ordinaire, les titulaires actuels ont mis à profit la situation exceptionnelle pour jouer à bien la fonction de patron de région. Sans déroger aux règles édictées par le pouvoir central, les uns et les autres adoptent des dispositions particulières adaptées à l’évolution de la pandémie dans leur région spécifique. L’application lo­cale du confinement s’assure d’une exécution plus exigeante dans une région que chez les voisines limitrophes, et le passage des «frontières» s’entoure d’interdiction stricte parfois dans un sens alors que dans l’autre il n’est fait aucune barrière.
Alors qu’une région s’isole pour se protéger de la propagation du virus, les populations des autres frontalières éprouvent peu à peu le sentiment que ce sont elles qui sont mises en quarantaine, comme si elles avaient la peste. À d’autres endroits des gouverneurs voisins entrent en négociation dans un climat quelque peu conflictuel, l’un plaidant pour une réouverture des marchés dans l’autre région pour permettre aux producteurs de sa région d’écouler normalement leur production, condition de survie de l’économie de la région. Le gouverneur voisin adopte lui une vision différente, la menace de propagation du virus constitue le principal danger du moment, préserver la santé de la population focalise tous les efforts et fait priorité sur les autres obligations. Sans en avoir les racines le schéma alerte parfois sur un phénomène de balkanisation. Encore heureux que cette divergence n’apparaît que de manière temporaire et ne repose pas sur des raisons profondes d’antagonisme. Toutefois se sont dessinées ça et là des rivalités entre régions, les gouverneurs laissent transpirer quelquefois leur sentiment d’avoir à entrer en concurrence avec d’autres. Ça ne serait qu’un bien s’ils doivent trouver là le combustible pour faire tourner le moteur du développement, et qu’ainsi les électeurs demeurent leurs seuls juges. L’appréciation en serait différente si l’obtention de la note 19 auprès de celui qui les a nommés en est leur préoccupation majeure.
Pour l’instant en période d’exception, que ce soit à l’échelle du pouvoir central ou au niveau des autorités des collectivités décentralisées le dilemme reste le même : «la peste ou la bourse», de l’art à trouver l’équilibre opportun entre ces extrêmes dépend l’issue de l’épreuve.

Léo Raz

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