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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (19)

Mon interprète avait à peine fini, que tous pous­sèrent des cris de joie, et dirent qu’ils ne pouvaient douter des bonnes intentions du roi, qui leur envoyait des vaisseaux et des troupes de préférence aux autres provinces, pour les secourir contre leurs ennemis ; que dès ce moment ils le reconnaissaient comme leur ami, et qu’ils consentaient à me céder un terrain pour y former mon étab­lissement, pourvu que je m’engageasse à ne point construire de forteresses. À l’égard de l’emplacement à l’intérieur des terres, ils di­rent qu’ils conféreraient entre eux ; mais qu’ils exigeaient une déclaration solennelle, par laquelle je reconnaîtrais que je n’ai aucun droit sur eux, et que je me bornerais au simple titre de leur ami ; et qu’en cette qualité, je les secourrais contre leurs ennemis.
Ayant accédé à ces propositions, nous ratifiâmes notre alliance par un serment solennel. Cette cérémonie, qu’ils appellent Cabarre, fut suivie d’un repas, dans lequel ils burent un tonneau d’eau-de-vie que je leur distribuai. Nos nouveaux amis retournèrent alors à leurs villages où ils célébrèrent des fêtes, en témoignage de la joie qu’ils ressentaient
d’avoir acquis l’amitié du roi de France.
Le 3 de mars, je fis partir le Postillon, qui était à mes ordres, et je chargeai M. Saunier qui le commandait de se rendre à Foul-Point,
et d’en chasser les hommes qui y cherchaient à prévenir les naturels contre mon étab­lissement ; je le chargeai en outre d’assurer de mon amitié Hyavi, roi et chef de la province, de lui faire des présents de ma part, et de l’engager à me demander du secours contre les Fariavas, avec lesquels il était en guerre. Ce moyen me parut le plus sûr pour obtenir la permission d’établir un poste à Foul-Point.
Le 9, le Dauphin, paquebot de Sa Majesté, fit voile pour l’Isle de France, après avoir reçu de moi une provision d’eau-de-vie et de riz, dont il avait le plus grand besoin.
Sur le rapport de mes gens, que les noirs, au mépris de leurs serments, insultaient les sentinelles pendant la nuit, et sur celui du sieur Senan, qui se plaignit en même temps de vols faits au magasin, je fis prévenir les chefs que si quelques naturels s’approchaient des postes pendant la nuit sans répondre à la sentinelle, je serais forcé de faire feu sur eux.

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