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Marché des gels hydroalcooliques: la demande explose

Marché des gels hydroalcooliques: la demande explose

Le geste est devenu banal. Une pression sur la bouteille, le gel désinfectant coule et on se frotte les mains pendant une quinzaine de secondes. La plupart des magasins, des administrations, des transporteurs imposent même la démarche pour pénétrer dans leurs locaux ou leurs véhicules. Les gels hydroalcooliques sont devenus incontournables depuis l’entrée du coronavirus à Madagascar.

Leur demande explose. Le plus logiquement du monde. Les fabricants font partie des rares opérateurs qui tirent profit de la crise sanitaire, ou du moins qui limitent les dégâts sur le reste de leurs activités… La concurrence du gel est néanmoins rude : les marques sont nombreuses et dernièrement, une dizaine d’entreprises supplémentaires ont obtenu l’autorisation de produire ce gel, souvent vendu aux alentours de 10 000 ariary le flacon.

La Société Malgache de Propreté (Somapro) est un des leaders du marché. Selon l’entreprise, la demande de gel a été multipliée par 10 depuis le mois de mars. La société, âgée seulement de 3 ans et qui emploie 200 personnes, vend majoritairement à des distributeurs, à des grandes surfaces, ou encore à des pharmacies.

Le constat est le même chez son concurrent, Vaniala. “Oui ! Les affaires sont bonnes pour nous et les chiffres de ventes sont en hausse”, se réjouit Jean-Claude Ratsimivony, le directeur. de Vaniala. Il est aussi le fondateur de la célèbre entreprise Homéopharma, qu’il ne dirige plus. Vaniala fabrique essentiellement son gel désinfectant avec de l’aloe vera, une ressource courante à Madagascar. “Pour le moment, on se doit de venir en aide aux Malagasy, donc nos produits se vendent exclusivement sur le marché local. On n’exporte pas. Ce sont des produits malagasy et pour les Malagasy”, poursuit-il.
Face à la concurrence, Vaniala tente de se démarquer. “Nous n’utilisons pas de produit chimique contrairement à d’autres sociétés. Mais si nous en intégrions dans nos formulations, la production nous coûterait moins cher”, révèle Jean-Claude Ratsimivony.

De son côté, Somapro doit affronter une hausse des prix des intrants. “Certains emballages et articles de fermetures comme les pompes et les bouchons sont importés, détaille Haji Djivan Missam, le directeur du Somapro, pour les Nouvelles. Face à la très forte demande de ces intrants dans le monde, leurs coûts d’achats ont augmenté de façon exponentielle. Jusqu’à 300% !”

La société a donc dû choisir entre relever ses prix de vente ou baisser ses marges. “Les prix ont été maintenus jusqu’à la fin du mois de mai, et nous avons ensuite dû ajuster les prix de 7% à 8% du fait de la dévaluation de l’ariary que nous subissons aussi. Il faut bien noter que, par souci d’entraide, nous avons décidé de ne répercuter que 25% de l’augmentation des coûts de fabrication sur le prix de vente. Nous avons gardé pour nous 75% restants de hausse. Nous avons donc baissé nos marges.”

Autre défi pour les opérateurs, le marché souffre de la présence de quelques arnaques : des gels en vente qui ne respectent pas les normes. Car le produit nécessite un minimum de 60% d’alcool dans sa formulation pour qu’il désinfecte réellement. “Pour notre part, nous dosons à 70%, affirme Haji Djivan Missam. Mais nous constatons malheureusement, depuis quelques semaines, une recrudescence de produits qui se disent désinfectants, mais qui n’atteignent même pas 40% de taux d’alcool !” Un risque in fine pour la situation sanitaire car les gens se croient protégés, faussement.

Tiana Ramanoelina

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