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Chronique : les idées changent le monde

A l’école, vous avez appris qu’il existait une «route de la soie». Vous avez appris que les «grandes découvertes» ont chamboulé la face du monde dès lors que les Européens sont partis à la conquête des océans pour faire de la planète un immense marché de matières premières. L’histoire que nous connaissons est mise en lumière par ceux qui écrivent, publient et diffusent une lecture du monde décodé à l’aide d’un chiffre régulièrement modifié mais encore très eurocentré. Nous-mêmes, alors que nous savons être le fruit d’une épopée maritime qui a précédé, et de très loin, les grandes découvertes des marins européens, peinons à nous défaire de nos vieilles habitudes de lecture du monde qui offrent un très relatif confort intellectuel.

Quittons ce confort intellectuel et partons avec la revue Books sur la «route de l’argent» et les débuts de l’économie globalisée avec un essai d’Arturo Giraldez publié en 2015. Au carrefour de cette route, Manille, colonie espagnole fondée en 1571, cœur des échanges pendant plus de deux siècles entre l’Amérique espagnole, premier producteur mondial d’argent et la Chine, premier consommateur d’argent. Or, remarque Juan José Morales, auteur de l’article traduit et publié dans Books,«l’épopée des galions qui commerçaient entre la Chine et l’Amérique hispanique via Manille a été passablement oubliée, comme si un chapitre avait été arraché à nos livres d’histoire. (…) Cela tient en partie à un eurocentrisme qui ne peut concevoir la Chine que dans un rôle passif et non comme un acteur majeur ; en partie, aussi, à une vision étroite de l’Empire espagnol, longtemps réduit au récit de son déclin».

Dans le sud-ouest de l’océan indien, nous n’avons pas arraché de chapitre à nos livres d’histoire et pour cause, nous devons encore les écrire sans oublier de nous émanciper de l’eurocentrisme qui nous colle à la peau. Nous pourrons alors porter un nouveau regard sur la Chine, acteur majeur de notre économie, et sur le reste du monde. Pour cela, ne pas hésiter à croire avec Booksque «les idées changent le monde».

 

KembaRanavela

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