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Pérégrinations hebdomadaires

Démocratie:entre maldonne et déconvenue

Sans donner raison aux pessimistes qualifiant médiocres tous les genres de régimes connus, la classant en tête comme le moins mauvais de tous les systèmes, on pencherait à croire que sans être une panacée la démocratie prête à progresser, ouvrant sur des formules pour l’améliorer au mérite de la société qui opte pour elle. L’idéal serait un système ralliant tous les avis et par ce seul procédé présente la solution idoine à tous les problèmes. Attachée à la réalité la démocratie procède sur une logique différente. Considérant le rassemblement de l’avis de tous (unanimité) davantage rareté que généralité, plutôt qu’à chercher cet idéal souvent introuvable, la démocratie prend le parti d’adopter comme règle s’imposant à tous la solution ayant réuni la préférence du plus grand nombre. De là le principe sur l’idée de « majorité », point focal du système. La théorie identifie nombreuses formes de majorité, qualifie chaque cas et en détermine les conditions. Ces formes de majorité relèvent davantage du domaine technique aussi elles présentent peu intérêt pour le grand public. A l’inverse la population se heurte souvent à des problèmes qui apparaissent suite à un malentendu sur la nature même la démocratie telle qu’on la pratique.

Délire autour de l’idée d’une démocratie plénière
Les politologues négligent d’attribuer le qualificatif « plénière » à la démocratie. En approfondissant la question dans ce sens on aboutit à une défaveur du concept même voire à sa négation, le sillon débouche sur un filon cahoteux tendance anarchie, l’opposé de la démocratie qui, elle, requiert cadre et ordre d’un état de droit. Insuffisant pour verser dans le raccourci style «  trop de démocratie tue la démocratie ». Du pouvoir à se gouverner lui-même le peuple éprouve le besoin, et le progrès se fait de paire avec l’évolution de l’application de la démocratie. Différentes formes se présentent au choix de chaque peuple. Le peuple n’a pas eu à se prononcer sur ce choix. Même prétendu souverain il faut bien commencer par apprendre le b-a ba de la charge en ne l’exerçant que dans sa plus simple expression. De là une confiscation de l’exercice du pouvoir direct, le pouvoir étant réduit à désigner les représentants pour l’exercer au quotidien. Cette forme appelée démocratie représentative présente de plus l’avantage d’organiser le fonctionnement de l’état dans la clarté selon un ordre défini. Le peuple n’ayant pas pas décidé de lui-même l’option, on se demande qui l’a faite ? Les puissances occultes supposées à l’origine de chaque chose partagent la caractéristique de faire mystère dont chaque individu trouve liberté à vouloir percer le secret, et souvent plaisir à en bercer une croyance.
A cause du non-dit la République flotte sur une maldonne dans la quelle bonne et mauvaise foi se mélangent. La classe politique rechigne à éclairer les électeurs sur la démocratie indirecte, à leur rappeler de manière crue que le peuple n’exerce sa souveraineté que les jours d’élection, ne porte la couronne que 2 jours sur 1825 (5 ans), les jours où il décide qui sera président et qui seront députés. Ignorant ce partage des rôles les populations (mponina) se mêlent parfois à vouloir être peuple (vahoaka) et à vouloir s’immiscer dans les prises de décision comme si elles en avaient vocation et autorité.

Evolution vers une démocratie participative
De l’élévation à considérer tous les humains sur un pied d’égalité pour en faire un principe de base, la démocratie respire un charme particulier qui pourtant à l’inverse peut favoriser toutes sortes de marché de dupes. Lors des élections la concurrence se fait si sévère qu’en chaque candidat s’éveille un tant soit peu le démagogue qui sommeille en bon nombre de politiciens prêts à tout soit-disant pour assurer triomphe à leur conviction. Nombreux aiment s’attarder à flatter la foule en récitant le poncif « peuple source du pouvoir », rarement à se résoudre à préciser qu’à peine le vote clos, le pouvoir du peuple sera confisqué jusqu’à la prochaine consultation, « vote bien, ensuite boucle la jusqu’à la prochaine». Les populations ont toutefois tiré profit et des désillusions consécutives aux promesses creuses, et des crises qui se sont succédé, et d’une incessante détérioration des conditions de vie, de moins en moins naïves, de plus en plus perspicaces elles revendiquent une participation à des décisions essentielles. Cette tendance se fait plus pressante en raison des opposants qui profitent de pousser à la roue, eux-mêmes débordant de leur rôle institutionnel manifestent impatience à bousculer le calendrier constitutionnel qui rythme les dates de possibilité d’alternance.
La démocratie participative se caractérise par l’organisation de référendum chaque fois que la population souhaite prendre elle-même la décision sur un sujet déterminé. Considérant le coût d’un référendum il semble évident que la démocratie participative constitue un luxe hors de portée des états dont les populations traînent misère. Une telle vision empreinte de réalisme n’interdit pas cependant de revendiquer une procédure différente afin d’organiser plus juste le référendum lorsque s’en présente la nécessité dans un système représentatif. La possibilité d’exprimer un avis seulement par un oui ou un non, donne des allures d’escroquerie à grande échelle. Le oui ou non répond à des problèmes d’ordre technique qui souvent dépassent l’entendement d’un électeur lambda, pire une unique réponse englobe l’acquiescement ou le rejet relatif à multiples questions. Peut-être qu’inverser l’ordre du procédé et marier les deux systèmes (représentatif et participatif) y remédieraient. Un référendum pour dégager au préalable le choix du peuple à propos d’une orientation générale, à charge par la suite à la représentation nationale de confectionner une proposition de loi, d’en débattre en vue de l’adoption pour en faire loi en cohérence avec la volonté du peuple exprimée par référendum.

Léo Raz

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