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Mercredi ! École buissonnière

L’Armée à l’assaut de nos ennemis les dahalo et les forbans

Le renforcement entrepris par une politique de dynamisation des forces armées Marine et Aviation signe un rattrapage du lourd retard dont ces corps sont victimes. Pourtant ces retards se justifient difficilement. Le pays n’a pas d’ennemi guerrier déclaré mais possède nombre d’ennemis qui convoitent et pillent les richesses naturelles. Île, le territoire possède des milliers de kilomètres de côtes au large desquelles des milliers et milliers de kilomètres carrés de domaine maritime riche de réserves minérales autant que de produits halieutiques, sous mauvaise garde. Les forbans s’en donnent à cœur joie, plus qu’à braconner ou à marauder les fruits de nos mers ils procèdent à des pillages à l’échelle industrielle. Bricoleur-artisan le braconnier chasse sans permis les forbans aussi, maraudeur est le chenapan voleur de fruits, itou des forbans, mais ceux-ci puissants pirates s’organisent pour des expéditions en mer afin d’ y mener des razzias. Ils utilisent de gros bateaux et parfois opèrent pour des navires-usines en panne en haute mer. Une flotte de garde-côtes et une patrouille d’appareils aériens promettent d’apporter un grand changement dans le domaine de sécurisation : réduisant les possibilités d’entrée clandestine sur le territoire, permettant d’anticiper sur d’hypothétique invasion ennemie, dissuadant les forbans de pénétrer dans les eaux territoriales et de piller allègrement les richesses halieutiques ainsi qu’ils se l’autorisent jusqu’ici sans courir grand risque. On estime à plusieurs centaines de millions de dollars les redevances annuelles pour les captures réalisées au black. L’état ne les ayant pas encaissées on inclinerait à estimer la valeur marchande des richesses volées et le coût des dommages subis par la nature de nos mers et des fonds sous-marins. Sans être imaginaires cette valeur et ce coût dépassent l’imagination à en faire l’évaluation.

Réorganisation des forces armées
Dans le contexte actuel et en considération de la politique étrangère de Madagascar, peu de risque que le pays court une menace à devoir repousser une tentative d’invasion, ou à devoir entreprendre une vraie guerre. Si on parle de guerre économique mondiale, il n’est pas question de confrontation guerrière entre armées. Tout juste si l’on peut parler de guerre larvée, souvent les protagonistes s’échangent des tapes amicales sur le dos sans lésiner à se faire des entourloupes dans le dos. Une sorte d’immense barnum, couvrant le globe sous sa tente, abrite en permanence une foire de dupes, où la perspicacité rusée constitue la seule arme pour résister à la loi du plus fort. Sans inimitié apparente, sans que l’amitié compte pour de vrai. Les armées sont tenues à l’écart, en marge des affaires qui restent l’affaire des affaires. On aurait même l’impression que par une sorte de convention tacite les états retiennent leurs forces armées à ne pas se mêler des affaires policières et ainsi de ne pas avoir autorité à poursuivre les infractions comme si l’on avait dressé un mur entre maintien de l’ordre intérieur et protection la sécurité et de l’intégrité du territoire. Dans la réalité s’agissant d’une question d’organisation interne la décision relève uniquement de la volonté nationale, la restructuration des forces armées à laquelle on procède actuellement signe qu’à ce sujet le pouvoir entend rectifier le tir.
Unies sous l’autorité d’un Chef d’état-major général les forces armées composées de trois corps (armée de terre, forces aériennes, forces navales) font l’objet d’une réorganisation par laquelle une répartition ou une délégation d’autorité dote chaque corps d’une sorte de mobilité autonome pour remplir toute mission qu’on lui attribue, dans le schéma d’un contrat de résultat. En toute logique cette réforme requiert un responsable à la tête de chaque corps, tout naturellement on a prévu un chef d’état-major à la tête de l’armée de terre, à celle de l’aviation, à celle de la marine.
La population ayant à la vivre au quotidien, l’insécurité ne fait secret pour personne. L’initiative de donner aux forces armées mission de prêter main forte aux forces de l’ordre pour rétablir un climat de sécurité devrait soulager la population et bénéficier d’un accueil favorable dans l’opinion. L’armée de terre est la première appelée à épauler gendarmerie et police, à charge pour l’aviation d’apporter l’efficacité d’un soutien. Concernant la lutte contre l’insécurité la navale n’en est pas libérée d’autant. Nos mers sont très mal protégées contre le pillage des richesses sans contre-partie, qui par des méthodes ravageuses et une pêche à outrance épuise le patrimoine de sa capacité à se reproduire. Les eaux territoriales faisant partie intégrante du territoire national, la marine est la mieux désignée pour y intervenir en comptant sur l’appui indispensable de l’aviation.

Les richesses halieutiques en danger de disparition
Lorsque les pêcheurs traditionnels de tous côtés sur le littoral s’épanchent en confidences ils paraissent s’être donné le mot pour parler d’une seule voix. La même complainte pour dire la raréfaction alarmante des produits de la mer. Il y a 50 ans Emmanuel Rakotovahiny frais émoulu de hautes études suivies avec brio, nommé à la tête du service de la pêche maritime espérait révolutionner le système : réglementer l’espace de façon équitable entre pêche traditionnelle, pêche artisanale et pêche industrielle de façon à ce que chacun de ces ordres d’activité y trouve profit tout en respectant la nature marine. Un échec faute d’appui financier et politique. Promu ministre et ayant même occupé la fonction de premier-ministre il n’a pas mieux réussi face aux puissances occultes hostiles à ce changement. Si l’on avait cru à l’époque que des flottilles de petites embarcations motorisées parviendraient à déranger les gros bâtiments-pirates dans leurs manœuvres de dragage, ces petites embarcations n’ont jamais été. Actuellement le schéma est à l’inverse, les grands bateaux de pêche ne se font aucun scrupule à bousculer sur leur passage les coquilles de noix, embarcation des pêcheurs traditionnels.
La population du littoral n’espère qu’une chose, que les forces navales soient bien équipées pour pouvoir imposer raison aux forbans et arraisonner les navires-pirates, de sorte que ce chambardement ne se réduise à n’être que gesticulation.

Léo Raz

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