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Chronique : les armées de l’ombre

Dans quinze jours, nous célébrerons le 60èmeanniversaire de notre indépendance. Les corps de l’armée nationale défileront comme chaque 26 juin. Cette année comme les autres, mais peut-être encore plus que les autres, on aura une pensée pour les armées de l’ombre qui mériteraient aussi de défiler.

La première de ces armées de l’ombre est sur le front depuis plusieurs semaines pour faire face au covid-19. Dans les hôpitaux, dans les centres de santé de base, et partout auprès de leurs patients, nos soignants prennent soin de nous comme ils le peuvent. S’ils défilaient, ce serait pour une très brève trêve avant de reprendre le chemin des centres de santé où les attendent les patients, ceux qui sont touchés par le covid-19bien sûr, mais aussi tous les autres dont on ne parle pas beaucoup ces dernières semaines. Parce qu’il faut bien reconnaître que la pandémie a éclipsé tous les maux de la terre…

La deuxième armée de l’ombre a connu son heure de gloire pendant la Première République. Choisir l’enseignement était alors une voie tout à fait honorableet surtout, les enseignants et les enseignantes pouvaient vivre honnêtement de leur métier. Aujourd’hui, ils sont heureux de pouvoir prétendre à une allocation familiale de 24 000 ariary pour l’année ou à un panier de Noël de 65 000 ariary. Le métier ne fait pas rêver, et pour cause…

On oublie trop souvent que le brillant étudiant en médecine, à l’école polytechnique ou à la faculté de droit, a eu la chance d’avoir un instituteur ou une institutrice qui aime son métier et qui lui a donné le goût d’apprendre. C’est peut-être moins vrai pour l’élève militaire.

En 1960, les classes de 70 élèves n’étaient pas rares. On espérait qu’à l’horizon 1980, les élèves ne seraient pas plus de 40 dans leur classe. En 2020, il y a toujours des classes de 70 élèves, et pas seulement en brousse. On imagine la force de caractère qu’une jeune fille scolarisée dans une petite ville doit déployer si elle veut devenir médecin.

Les civils, soignants et enseignants, ne défileront pas cette année. L’année prochaine, si tout va bien.

 

KembaRanavela

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