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Madagascar il y a 100 ans

Petit trou pas cher (2)

 

(Suite et fin.)

Se préoccupe-t-on d’y installer un quelque chose susceptible d’attirer, de retenir les colons de l’ouest : Majunga, Nossi-Bé, Analalava ? Sans doute pour sortir de Majunga, de Nossi-Bé, ce n’est point chose facile, par le temps qui court, les bateaux sont rares et nul ne songe à doubler sur un boutre le Cap d’Ambre, même en bonne saison. Cela se tassera ; viendra bien le moment où les relations entre Majunga, Nossi-Bé, Diégo, Tamatave seront normales et il n’en coûtera plus autant que pour se rendre à Suez ou à Marseille.

Il n’y a, songeons-y, que vingt-quatre ans que nous sommes à Madagascar. En débarquant à Dar-es-Salam, je ne pouvais tout de même m’empêcher de faire une comparaison, pas à notre avantage.

Le progrès à Madagascar s’affirme, mais il s’affirme lentement sous la vigoureuse impulsion de ses gouvernants.

En attendant l’ouverture des grands sanatoria mis au point, pour nous, gens de la capitale, il n’est peut-être pas inutile de signaler l’existence d’un petit trou pas cher, sis entre une rivière et la mer et où s’arrêtent tous les trains, omnibus et rapides, reliant Tananarive à Tamatave. Il y a bien cinq ou six pièces très convenablement installées en des cases non pourvues d’électricité. La mer est à 50 mètres à peine, venant battre une plage sablonneuse sur laquelle circulent crabes et carabosses dont la pêche constitue le soir une véritable attraction ; pêche en eau douce le matin, à portée de ligne ; marakelys à discrétion.

La pintade abonde dans la région, ceux qui ont bonnes jambes peuvent même trouver quelques perdrix.

Cette station balnéaire est pourvue d’un hôtel-restaurant sans prétention et placé sous la surveillance d’un parfait restaurateur, parfait en ce sens qu’il s’inquiète du goût de ses clients et s’efforce de les satisfaire. M. Maunier, c’est son nom, fut bien inspiré, disent unanimement ceux qui ont eu la bonne idée de s’en aller lézarder dans ce petit trou pas cher.

Évidemment, ce n’est pas fortune pour ce commerçant, que l’on devrait encourager à demeurer là où il est, dans l’intérêt de ceux qui, nombreux déjà, y sont allés et y retourneront et de ceux que la curiosité, satisfaite à coup sûr, conduira vers la sablonneuse plage d’Ambila-Lemaitso.

La Tribune de Madagascar

www.bibliothequemalgache.com

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