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Pauvreté bien ordonnée…

Pauvreté bien ordonnée…

Les politiques se plaisent chaque fois, pour étayer leurs arguments, à recourir au fameux “Quand un homme a faim, mieux vaut lui appendre à pêcher que de lui donner un poisson”. D’autres se font chantres du changement de mentalité. A bien y réfléchir, tout cela est vrai, mais reste au stade de voeu pieux. En cause, la pauvreté, celle qui fait parfois dicter la loi du ventre creux n’a pas d’oreille, qui fait emprunter de mauvais raccourcis ou des chemins de traverse…
Tout au long de cette crise sanitaire, certains ont ouvertement fait le choix de “tenter leur chance avec le Covid-19 plutôt que de mourir de faim”. D’autres se sont constamment montrés insistants pour un déconfinement total et donc un retour à la normale des activités socio-professionnelles. Des mesures plus douces ont été adoptées à condition de respecter les consignes. Mais on le sait tous, les gestes barrières tiennent chaque fois un jour ou deux et le naturel revient au galop. Et puis, c’est vite oublier que les nouveaux cas positifs ne discontinuent pas non plus, à un point que, cette semaine, la Grande île s’est inexorablement approchée de la barre des 1.000 cas.
Et cette pauvreté, les politiques en profitent aussi. Le doute est effectivement permis lorsque les gesticulations et autres manifestations s’enchaînent à Toamasina, à travers des grèves estudiantines, des déclarations assorties d’ultimatum, ou encore des mouvements de foule, alors qu’en parallèle, l’Etat n’aura, semble-t-il, jamais autant concentré ses efforts sur cette ville. Les détracteurs du pouvoir se sont toujours amusés à ironiser sur ces attroupements qui se forment chaque fois pendant les séances de distribution des aides d’urgence sociale, au mépris, dans la plupart des cas, des dispositifs sanitaires.
Pourtant, on omet toujours de préciser que ces opérations auraient pu se dérouler notamment dans le respect de la distanciation sociale si les bénéficiaires avaient pris leurs responsabilités, sans chaque fois attendre un encadrement militaire ou des menaces de sanctions. Et alors que les troubles survenus dans la ville du Grand port sacrifient les consignes de sécurité sanitaire sur l’autel des revendications, les critiqueurs patentés les soutiennent, les justifient ou tout au moins n’y trouvent rien à redire.
Le fait est que la pauvreté est bel et bien une réalité à Madagascar. Sans doute y est-elle plus marquée que dans d’autres pays. Mais il est pourtant certain qu’elle n’y est pas endémique. Le virus qui sévit dans plusieurs régions de l’île est le même que celui qui s’est propagé dans le monde entier, il ne fait pas de distinction entre riche et pauvre. Et les mesures liées au confinement sont les mêmes partout. La pauvreté ne doit pas être une excuse pour ne pas appliquer celles qui ne coûtent rien, ni devenir un argument politique pour saper la lutte contre cette pandémie.

N.R.

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