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Le travail a repris. La reprise est absente. Episode 2

Le travail a repris. La reprise est absente. Episode 2

Le confinement n’a épargné personne. Et la crise économique, qui gagne en intensité, touche tout le monde. Même s’ils ont repris le travail, les travailleurs mensuels et les journaliers gagnent moins. Comment évaluer cette situation ? Il est impossible d’avoir une vision globale à cause de l’absence de statistiques sectorielles fiables. Nous avons donc choisi de nous baser sur des témoignages divers de citoyens malagasy. Comme la semaine dernière, trois personnes nous partagent leur vécu.

Lolona, épicière à Ilafy : “J’ai perdu les deux tiers de mes clients”

Lolona, Vololonirina Merline Razafisoa de son vrai nom, est épicière depuis les années 2000 et a étendu son activité en épi-bar depuis dix ans. “En vingt ans, le plus dur était la crise de 2002. C’était très difficile de s’approvisionner en marchandises. Elles étaient chères”, nous confie-t-elle.

“Aujourd’hui, le confinement s’avère encore plus difficile, constate-t-elle. Pour les PPN, il n’y a pas trop de difficultés pour l’approvisionnement. Mais pour les boissons alcoolisées, c’est plus compliqué. Chez les grossistes, nous ne pouvons faire des provisions que dans la matinée alors que les files d’attentes sont longues. Il faut donc faire des commandes pour avoir les marchandises”, déplore-t-elle. Elle se relaie donc avec son mari pour que son magasin reste ouvert en même temps qu’elle fait la queue pour s’approvisionner.
Et Lolona indique que “depuis le début du confinement, je peux affirmer que deux tiers de mes clients ne consomment plus. Le bar est le plus rentable normalement et les PPN sont des compléments. Or mes clients ont l’habitude de venir en fin d’après-midi ou le soir, mais là, ils ne peuvent plus sortir et préfèrent abandonner cette habitude de venir au bar. Il n’y a plus trop de bénéfice.” Signe visible, la consommation de poulet : “Je prends un kilo de poulet habituellement pour les amuses-gueules et je le vends en une journée. Mais en ce moment, ce kilo me suffit pour deux ou trois jours”.

Mais pour cette mère de famille, c’est mieux que rien. Il arrive que les voisins frappent à sa porte en dehors des heures d’ouverture autorisées pour faire des emplettes. Lolona ne refuse jamais ces petits plus !

Nicolas, mécanicien : “Je travaille comme d’habitude mais ma société a des difficultés”

Nicolas, 20 ans, est mécanicien dans un garage à Manjaka Ilafy. “Il n’y a pas trop de problème avec le confinement. Je gagne 300 000 ariary par mois. Je me suis formé en tant que mécanicien au CFP Sabotsy Namehana. Je travaille ici depuis trois ans”, nous confie le jeune homme. “C’est pour la société que la situation semble un peu difficile, raconte-t-il. Le nombre de véhicules qui viennent faire des réparations a baissé. Mais cela n’a pas trop affecté notre travail puisque nous sommes payés normalement jusqu’à ce jour.”

Viviane, employée de maison et femme à tout faire : “Je n’étais pas dans les bénéficiaires des aides d’Etat”

Viviane Raharivelo, 45 ans, est à la fois employée de maison, docker, lavandière… On peut dire que Viviane est une femme à tout faire. Et elle raconte : “Je suis à plein temps employée de maison mais il arrive que des gens me proposent de petits boulots que je ne peux en tout cas pas refuser. Je gagne 130 000 ariary par mois, et j’arrondis mes fins de mois avec ces petits gains. Mais cela est encore loin de suffire à nos besoins”.
Mais depuis le début du confinement, il est rare que la mère de famille trouve des petits boulots. “En faisant la lessive, par exemple, je peux gagner jusqu’à 2 000 ariary. Je gagne 5 000 ariary en lavant une voiture et ainsi de suite. Mais à présent, ce genre de tâche est devenu rare. Jusque-là, je vis juste avec mon salaire mensuel. Mon patron n’a toutefois pas révisé à la baisse mon salaire, il nous fournit même des provisions”, nous confie-t-elle en souriant.

Malgré tout, Viviane reste confiante : “Nous n’étions malheureusement pas parmi les bénéficiaires des aides financières ou des filets de sécurité de l’Etat. Nous demandons de l’aide dans la mesure du possible. Quoi qu’il en soit, nous devons vivre avec ! D’autres n’ont pas la chance d’avoir du travail comme moi !”

Arh

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