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Marchés des masques: des entreprises malagasy s’apprêtent à exporter

Marchés des masques: des entreprises malagasy s’apprêtent à exporter

Des masques de Madagascar protégeront bientôt les visages de citoyens Occidentaux. Près de dix entreprises de la Grande Île ont demandé l’autorisation d’exporter et certaines s’apprêtent même à expédier des commandes en Europe, au Canada, et même aux Etats-Unis. Tous les gouvernements de ces pays manquent cruellement de ces bouts de tissu très utiles pour éviter la propagation d’un virus qui déjà infecté 5 millions de personnes et en a tué 330 000 dans le monde.

En cette période où toutes les autres commandes sont compromises, ces exports assurent une source de revenu aux entreprises textiles. Ces ventes à l’étranger sont presque une bouée de sauvetage pour ce secteur qui emploie près de 150 000 personnes à Madagascar. Une bonne partie de la production de masque est d’ailleurs destinée au marché local : l’Etat en a commandé 5 millions début avril. Autre bénéfice pour les autorités, ces exports de masques assurent une certaine indépendance industrielle sur ce produit stratégique. Et les exports font aussi rentrer des devises et compensent -un peu- la diminution des autres échanges et donc les pressions à la dépréciation de l’ariary.

Des milliers d’employés s’activent déjà pour produire ces milliers de masques chaque jour, dans les ateliers de production qui fabriquaient auparavant d’autres vêtements. Exemple chez la société Akanjo. En période normale, elle produit des vêtements haut de gamme pour femme. Mais depuis le début de la pandémie, ses 1 500 employés ont fabriqué plus d’un demi million de masques, dont la plupart ont été offerts à Madagascar. Dans les prochains jours, l’entreprise va expédier 5 000 masques qui seront vendus à 1,2 euro l’unité, et les exportations vont se poursuivre vers l’Europe, l’Afrique et les îles voisines de l’Océan Indien par la suite.

C’est le ministère en charge de l’Industrie qui a accordé les autorisations d’export. Les masques doivent respecter les normes requises. Ils sont lavables, et réalisés en polyester. Ils doivent respecter le taux de respirabilité. Il faut aussi un agrément des autorités françaises pour les envois vers ce pays.

Mais ces exportations ne suffiront pas à sauver le secteur textile à long terme. A part les masques, le reste des commandes est en berne. 99% des produits textiles de Madagascar sont destinés au marché européen, américain (avec le dispositif AGOA), et sudafricain. Mais à l’heure actuelle, tout est suspendu. Les entreprises de Madagascar qui ont été consultées sur la question ont même évoqué l’existence des colis qui ont été envoyés… puis annulés en cours de route. En France par exemple, les entrepôts sont pleins et les commandes ont chuté.

Pour éviter le scénario catastrophe de faillites en séries, tous les dirigeants et dirigeantes d’entreprises attendent un geste de l’Etat… qui tarde à venir. “On a attendu des annonces lors du discours du président de la République dimanche soir, mais on a été déçus”, regrette un dirigeant d’entreprise qui a tenu à rester anonyme. “L’Etat doit nous subventionner afin que nous puissions payer nos employés comme il se doit”, poursuit-il. Les autorités ont déjà permis l’ajournement de paiement des impôts. “Cela ne constitue pas une solution pour notre trésorerie, constate notre interlocuteur. C’est bien mais pas suffisant.”

Tiana Ramanoelina

Le dernier Conseil des ministres du 20 mai évoque de grands projets 

L’intégration des 166 millions de dollars octroyés par le FMI au sein de la comptabilité de la Banque Centrale de Madagascar est sur les rails. Un projet de loi allant dans ce sens est envisagé. Le dernier Conseil des ministres a également adopté un projet de loi relatif à l’accord de financement du projet de modernisation du réseau de télécommunications. L’État Malagasy serait partenaire avec l’Export Import Bank de Chine. 179 milliards d’ariary sont en jeux. Il en est de même pour le projet d’interconnexion des réseaux de transport d’énergie électrique et pour le projet Jirama Water III. En outre, la loi de finance rectificative a été étudiée scrupuleusement :  108 milliards d’ariary supplémentaires sont nécessaires par rapport à la loi initiale.

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