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Madagascar il y a 100 ans

Petite cause, grands effets (1)

Vendredi matin, M. Savarron Calixte se présentait devant le tribunal pour, voyageant sur le T. C. E., s’être déclassé, se refusant à payer le supplément de seconde en première.

Après les explications que fournit M. Savarron, le tribunal remit son jugement à huitaine.

Que dit M. Savarron ? Ceci : « J’ai pris un billet de seconde, le compartiment du wagon blanc était encombré de Malgaches, je suis passé en première. Je serais volontiers monté dans un wagon de marchandises ou le wagon à bagages, mais si cela est permis aux Malgaches, cela m’est défendu à moi Européen.

« Alors, les wagons blancs, qui primitivement devaient être réservés aux Européens, sont accessibles à tout le monde. Comme le nombre n’est pas du côté des Européens, demain, ce principe étant consacré, ces wagons seront envahis et, le matériel faisant défaut, les Européens resteront sur le quai de la gare. »

M.Savarron a raison, en ce sens que l’administration n’a pas modifié la réglementation de la première heure intéressant le chemin de fer et que, par suite d’une évolution rapide, ceux-ci – je ne parle pas des bourjanes ou des maromitas –, les indigènes, ne sauraient se contenter de ce qui avait été prévu pour eux au début du fonctionnement du T.C.E.

M.Savarron fit connaître qu’ayant formulé une réclamation contre l’envahissement de son compartiment à un agent du T. C. E. dont le nom m’échappe, celui-ci lui aurait répondu : « Vous n’avez rien à dire à ce sujet et je laisserais un boy en première s’il avait un billet. » C’est peut-être excessif.

Si M. Savarron s’est déclassé de seconde en première parce que le wagon blanc de seconde était encombré d’indigènes, je connais (même très bien) un voyageur qui, porteur d’un billet de première, s’en alla dans un compartiment rouge de seconde, les premières étant encombrées d’Européens, le compartiment blanc de seconde bourré d’indigènes, de Chinois. Peut-être même y avait-il quelques Européens.

En réalité, il n’y a pas de réglementation récente qui mettrait les choses au point.

(À suivre.)

La Tribune de Madagascar

www.bibliothequemalgache.com

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