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AFCD : « Il faut s’affranchir de l’image d’une culture folklorique et préhistorique »

AFCD : « Il faut s’affranchir de l’image d’une culture folklorique et préhistorique »

A l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, le 21 mai, Rintsamahefa Rabemanantsoa, présidente de l’Association des femmes pour la culture et le développement (AFCD) revient sur la Convention de 2005 relative à la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, que Madagascar a ratifiée un an plus tard. 

*Les nouvelles : Qu’entend-on au juste par diversité culturelle ?
– Rintsamahefa : La définition officielle est donnée dans la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Cet­te expression renvoie à « la multiplicité des formes par lesquelles les cultures des groupes et des sociétés trouvent leurs expressions. Ces expressions se transmettent au sein des groupes et des sociétés et entre eux. La diversité culturelle se manifeste non seulement dans les formes variées à travers lesquelles le patrimoine culturel de l’humanité est exprimé, enrichi et transmis grâce à la variété des expressions culturelles, mais aussi à travers divers modes de création artistique, de production, de diffusion, de distribution et de jouissance des expressions culturelles, quels que soient les moyens et les technologies utilisés. »

*Dans le contexte malagasy, constitue-t-elle un frein ou bien une force motrice du développement ?
– La diversité culturelle est une richesse et constitue une force dans la mesure où nous exploitons au mieux le bon sens du terme. Il faut sortir de cette idée reçue qui véhicule une image « folklorique et préhistorique » de la culture. La culture est dynamique et n’est surtout pas un frein au développement. Tout dépend de la manière de l’aborder. En fait, c’est quoi la culture? Il s’agit tout simplement des fruits de nos pensées et créativités que nos sociétés ont adoptés. La culture peut offrir des op­portunités telles que la création d’emplois, l’épanouissement de l’être humain, l’amélioration des relations et échanges entre humains, qui contribuent à améliorer la vie en société. N’est-ce pas ce qu’on voudrait atteindre par ce qu’on appelle « développement » ?

*Ces valeurs de diversité favorisent également les industries culturelles et créatives…
– La Convention de 2005 met un accent sur les «industries culturelles et créatives» qui sont considérées comme piliers de la diversité culturelle. Le cinéma est, sans conteste, l’une des plus visibles des industries culturelles. Selon les données fournies par l’Unesco en 2019, les industries culturelles et créatives ont généré 2.250 mil­liards de dollars USD de re­venus annuels au niveau mondial, avec environ 30 mil­lions d’emplois. A Ma­da­gascar, la notion d’industrie basée sur la culture est encore peu acquise. Même si nous disposons déjà des infrastructures largement variées comme les boîtes de production audio-visuelle, les maisons d’édition, les salles de diffusion et les lieux de spectacles, beaucoup d’efforts restent à déployer.

*L’AFCD œuvre justement dans cette optique.
– De manière plus précise, l’Association des femmes pour la culture et le développement (AFCD) s’évertue à préserver et à promouvoir la culture pour contribuer au développement socio-économique des communautés. Cela inclut en effet la promotion de la diversité des ex­pres­sions culturelles, et particulièrement les industries culturelles et créatives qu’on vise à travers l’un de nos objectifs spécifiques. Pour ce faire, nous avons organisé, au mois d’avril 2019, une séance de partage avec les médias à Antananarivo. Cet­te activité se réfère justement à la Convention de 2005 qui met en exergue l’importance du rôle des médias dans la protection et la promotion de la diversité culturelle. Il en est sorti une liste de recommandations qui ont été partagées au ministère de la Communication et de la culture et à l’Ordre des journalistes de Madagascar.

Propos recueillis par Joachin Michaël

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