Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Mercredi ! École buissonnière

 Plus près de la population

Que l’on se détrompe l’armée malagasy n’est pas une armée faite simplement d’officiers et de généraux. Il est nécessaire de mettre un terme à cette légende qui pour le moins cache des intentions peu glorieuses presque indignes. Certes dans le centre ville de la capitale comme des chefs-lieux où sont stationnés des bataillons on croise davantage de hauts gradés surtout des officiers supérieurs et généraux que l’on ne rencontre d’hommes de troupe et de sous-offs. À leur niveau ainsi du reste qu’à celui des officiers subalternes ( ! ) le job se passe essentiellement soit à se former et s’entraîner dans l’enceinte des casernes et dépendances soit à crapahuter en rase-campagne ou entre monts et vallées. Peu d’entre eux ont la chance de se la couler dans les bureaux et ont encore moins l’occasion de s’en jeter un derrière la cravate lors des mondanités et autres genres de pince-fesses, raouts pour lesquels on est convié que bien galonné.

Pour être efficaces ils vivent effacés. Faux !!! Le pouvoir en a établi peut-être un constat tout autre, en tous cas a préparé une restructuration répondant à ce qui apparaît être une nouvelle vocation : sortir les militaires de leur confinement et leur donner un rôle qui les oblige d’assurer une présence au sein de la population s’ils veulent remplir leur mission de façon efficiente.

Une armée à proximité

On parle d’une présence d’une unité de l’armée dans chaque chef-lieu de Région. On ignore encore quelle taille aura chaque unité, de quelle manière se déroulera la vie de la troupe. Comme les hauts responsables ont quelque peu esquissé le rôle dont ils vont avoir la charge, dans les régions on s’interroge sur l’impact social consécutif à l’implantation de ces nouveaux arrivants. Cela dépend beaucoup l’esprit dans lequel les hauts responsables ont conçu cette restructuration. La durée d’affectation des sous-officiers et des officiers de commandement des unités, entre autres critères influera sur les décisions individuelles de ceux-ci à savoir s’ils doivent se contenter d’arriver avec armes et bardas simplement ou s’il est possible à chacun d’envisager débarquer en compagnie de femme et d’enfants. La différence entre quelques familles de consommateurs de plus pour ajouter du dynamisme au commerce dans les gros villages chef-lieux de région ou faire de ceux-ci des petites villes de garnison n’est pas le problème, l’essentiel relevant de la vocation que l’on attribue à ces unités de proximité.
La défense reste le maître mot de l’armée. Cette interprétation du concept faisant priorité à la défense du pays et à celle du peuple, lui attribuant même la responsabilité d’incarner le dernier recours, laisse ouverture à un élargissement pour mettre à sa charge d’assumer la sécurité. Afin d’éviter un conflit de compétence, il est indispensable d’éclaircir les attributions de chacun des corps qui ont mission d’assurer la sécurité. La police nationale vient en premier à l’esprit, normal elle n’a de mission que veiller à la sécurité intérieure. Mission que partage avec la police la gendarmerie, sauf que celle-ci organisée et fonctionnant selon un schéma militaire cumule cette fonction avec celle de la défense du pays et du peuple, que par ailleurs elle partage avec l’armée. Jusque là l’armée n’avait pas de rôle déterminé pour exercer dans le domaine de la sécurité intérieure. Si l’on a aperçu des éléments de l’armée dans les équipes mixtes ça relevait plus d’une tactique de communication : faire impression en renvoyant l’image de regroupement de toutes les forces armées, armée-gendarmerie-police. Rien n’interdit de donner à l’armée un rôle pour assurer la sécurité intérieure, d’autant que d’un côté l’insécurité handicapant le pays et la population nécessite le concours de tous pour rétablir un climat de sécurité, et que d’autre part nulle ombre d’ennemi ne menace de l’extérieur. C’est à se sujet qu’apparaissent non tant des controverses mais plutôt des réserves. Le risque de faire l’amalgame entre ennemi de l’extérieur et «ennemi de l’intérieur» reste tentant pour se débarrasser d’ adversaire politique. Un argument cher aux partisans qui militent pour que l’on ne coiffe pas deux casquettes à la fois.  Cette théorie n’autorise nullement à verser dans l’extrême, celui de prétendre à priver les militaires de leur liberté à opter de s’investir dans une responsabilité politique.

La proximité, opportunité de rayonnement

Une question de financement handicape la possibilité de donner à l’armée une vocation pour accompagner des jeunes dans leur formation à devenir adultes à la fois que citoyens. Peu de jeunes manifestent un antimilitarisme radical, nombreux regrettent que l’obligation d’effectuer le service militaire ne soit que virtuelle ou du moins qu’aléatoire. Un an de soumission à une discipline pour tout jeune sans distinction de genre aiderait sûrement à relever la mentalité dont la pauvreté banale et les difficultés inhérentes aggravent la médiocrité. Il n’est pas interdit de rêver que les cadres à la direction des unités de l’armée dans chaque région trouvent raison, selon les circonstances et en fonction de leurs moyens, à imaginer et initier des actions ou activités en quel domaine que ce soit pour entraîner la jeunesse à découvrir des valeurs et à acquérir des capacités et pourquoi pas des vertus. L’organisation militaire ici ou ailleurs n’a jamais su servir de  modèle de réussite d’une activité à envisager celle-ci du point de vue rendement économique, mais son mode de fonctionner inculque des valeurs, que l’on a le droit de ne pas partager mais suffisantes à remplir le vide de ceux qui n’en possèdent pas. Certes exercer cette fonction que l’on imagine celle des cadres militaire auprès de la jeunesse, ne s’improvise pas. Toutefois les militaires du pays, s’ils n’ont pas encore de fourragère en guise de scalp, malgré le peu de moyens ont fait leurs preuves en bien de domaines, culturel, sportif, technique… La transmission du savoir, qu’il s’agisse du savoir-vivre, du savoir-faire, du savoir décliné à toutes les sauces, se résume à savoir aimer, aimer les siens, aimer les autres, ne pas oublier les gens du peuple auquel on appartient.


Léo Raz

Les commentaires sont fermées.