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Totalement partiel… ou partiellement total

Totalement partiel…  ou partiellement total

Aussi incroyable que cela puisse paraître, on en était toujours, il y a à peine quelques jours, à douter de l’existence et de la propagation du Covid-19 au pays. Certains parlent de mensonge d’Etat et en même temps, quand les autorités sanitaires publient des statistiques, ils crient au loup, à la manipulation de chiffres et à la dissimu­lation car d’après ces sceptiques, il y aurait en réalité beaucoup plus de malades qu’annoncé. Et maintenant qu’il y a eu un décès… certains ne changent toujours pas de fusil d’épaule.
Déjà, alors qu’un confinement “total” avait été décrété, beaucoup avaient, semble-t-il, cru entendre le mot “partiel”, à voir le nombre de personnes et de véhicules circulant encore dans les rues. Puis quand il a été décidé un déconfinement “partiel”, tout le monde a visiblement pris cela pour un déconfinement “total” puisqu’on croirait assister littéralement à un retour à la vie quotidienne d’avant la crise sanitaire. Les consignes de sécurité, en l’occurrence le port de masques, le respect de la distanciation sociale, le lavage fréquent des mains, doivent être appliquées en totalité, dans leur intégralité, pour se protéger efficacement du virus. L’une ne va pas sans les autres.
Ces dispositifs, ce ne sont pas les autorités malagasy en place qui les ont inventés et ce n’est ni pour eux ni parce qu’on ne les porte pas tellement dans le cœur qu’il faut les appliquer ou non. Les fervents défenseurs du retour à la normale ont déjà pu reprendre progressi­vement les activités professionnelles, à condition de se conformer aux mesures de protection. Mais l’inconscience et l’irresponsabilité ont pris le dessus, que ce soit dans les rues, les transports en commun, dans les confins des quartiers… Et pour cause, se faire épingler, par exemple, pour non-port de masque plus de trois semaines après l’entrée en vigueur des mesures de sanction, il faut quand même le faire… Irresponsable également est le comportement de ces personnes qui, se sachant en situation suspecte, ont encore bravé l’interdiction de se déplacer dans d’autres régions. Il faut d’ailleurs prendre en considération le rôle des éléments postés au niveau des supposés barrages sanitaires mais, si corruption il y a eu, le corrupteur est tout aussi coupable que le corrompu.
Pareillement pour ceux qui ont la critique facile, quand on a le temps, les moyens et l’énergie de verser dans ce genre d’activité quotidienne sur les réseaux sociaux, autant se mettre au service de la sensibilisation de l’opinion à la nécessité, voire au caractère vital des gestes-barrière. Le monde entier y souscrit et, au niveau national, la preuve est faite quant à leur efficacité lorsqu’on constate qu’aucun nouveau cas n’a été re­censé dans la région Haute Matsiatra depuis quelques semaines.
L’Etat et les autres tenants du pouvoir, au niveau déconcentré ou décentralisé, doivent assumer leurs responsabilités et prendre toutes les décisions qui s’imposent dans la lutte contre la propagation de ce virus, mais surtout veiller à leur respect. D’autant qu’il y a certainement eu faille quelque part pour que le nombre de cas positifs ait autant augmenté en seulement quelques jours. Mais qu’on le veuille ou non, la popu­lation ne peut, elle non plus, se dédouaner. Il s’agit de se comporter en bon père (ou mère) de famille pour se protéger et préserver ses proches de toute éventuelle contamination et un déni de responsabilité n’arrangera rien. La tendance ne s’inversera jamais tant que tout le monde ne se rend pas compte que chacun est totalement responsable.

N.R.

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