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Madagascar il y a 100 ans

Simple calcul (1)

On demande, paraît-il, qu’il soit réservé 3 hectares par tête de bœuf pour que les animaux demeurent et s’engraissent sur place. Plus de transhumance, c’était bon sous une administration rétrograde.

Je ne sais qui s’est arrêté à ce chiffre immuable de 3 hectares, c’est probablement quelqu’un de bien intentionné, mais qui ne connaît le bœuf que par les entrecôtes dont il doit être amateur, ou par ce qu’il en a pu lire dans des brochures intéressant l’élevage… en Australie.

Il y a à Madagascar des régions où, avec trois hectares de pâturage, un bœuf serait en droit de se demander pourquoi on lui impose, avant l’abattoir, un dur carême. Par contre, il en est d’autres, celles qu’arrosent copieusement en toutes saisons des cours d’eaux de plus ou moins d’importance, où un bœuf reconnaissant pourrait remercier l’auteur de la proposition.

En somme, les pâturages abondants et sains se trouvent dans les vallées : y aurait-il à 7 millions de têtes – environ – 21 millions d’hectares de pâturages remplissant ces conditions ?

Sans connaître certaines régions de la Colonie, je réponds hardiment non. Le calcul qui a été fait est un calcul à vue de nez. On n’a pas tenu compte de ce fait que ce qui est vrai ici est inexact ailleurs et inversement.

On dit : « Il ne faut pas que les bœufs transhument ; les différences de climat, de régime sont cause d’une abondante mortalité. » C’est encore une affirmation dont la valeur a tout juste le poids du plus léger duvet d’un poussin de quelques semaines.

Est-ce que les propriétaires ne savent pas mieux que quiconque ce qu’ils ont à faire de leurs troupeaux et pense-t-on qu’ils les promènent pour leur plaisir du Nord au Sud ou de l’Est à l’Ouest ? Pas le moins du monde. Ils font circuler de l’Ouest sur le Centre les lots de bœufs qu’ils ont vendus à des intermédiaires qui les repassent à d’autres intermédiaires jusqu’à ce qu’enfin ils tombent entre les mains des bouchers et des industriels traitant le bœuf.

Laissez donc de côté votre projet de réserve fixe ; raisonnablement, il ne tient pas debout.

Ne dites pas que vous avez eu cette pensée alimentaire en faveur du cheptel bovin pour assurer sa protection.

(À suivre.)

La Tribune de Madagascar

www.bibliothequemalgache.com

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