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Pendant la crise, les crimes environnementaux empirent

Pendant la crise, les crimes environnementaux empirent

Encore une conséquence indirecte du coronavirus. Les crimes environnementaux ont fait encore plus de “victimes” parmi les ressources naturelles, depuis le début du confinement, fin mars. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, les défenseurs de l’environnement crient au désastre. Des aires protégées sont pillées impunément. Et le service minimum au sein de la Justice n’arrange rien…

Voici quelques exemples. A Maroantsetra, les autorités ont interpellé plusieurs personnes entre la fin mars et la mi-avril pour occupation illicite et exercices d’activités illégales dans le noyau dur d’une aire protégée. D’après nos sources sur place, ces personnes menaçaient les responsables du parc et incitaient même les populations riveraines à envahir l’aire protégée.

Suite à l’enquête, quatre prévenus ont été placés sous mandat de dépôt en attente de leur procès. Le premier est inculpé pour occupation illicite sur une aire protégée, pâturage et menaces de mort. Il s’en est pris verbalement à des responsables du parc, en bande organisée et arme au poing. Le deuxième prévenu est poursuivi pour défrichement et incinération d’une aire protégée. Les deux derniers sont poursuivis pour occupation illicite. L’un des quatre, qui a déjà été condamné à de la prison pour vente de cannabis, se targue en plus d’être protégé en haut lieu…

Dans la région Diana, rien qu’en avril, en l’espace d’une semaine, nous avons relevé plusieurs infractions. A Ambilobe, dans la commune rurale de Beramanja, un tracteur transportant 30 blocages de “Bonara”, un type de bois précieux, a été saisi par les autorités locales, en pleine nuit.

Et dans l’Ouest de Madagascar, dans l’aire protégée Antimena (Menabe), trente hectares ont été ravagés par des feux de brousse d’origine inconnu. La réserve spéciale de Kalambatritra, dans le centre sud, souffre aussi d’exploitation illégale de bois précieux. Des coupes au niveau du parc national d’Andasibe-Mantadia ont été aussi signalées. A Sainte-Marie, des bûcherons illicites coupent du bois dans la forêt d’Ampanihy.

En tout, le ministère de l’Environnement annonce avoir relevé jusqu’à 180 infractions environnementales en l’espace d’un mois sur le territoire national dont des crimes importants. D’une part, ces constats laissent perplexes sur la sécurité de nos aires protégées en général. D’autre part, il faut remarquer que le Covid-19 n’a fait qu’empirer un état déjà précaire.

Car, outre les réseaux criminels organisés, le virus a encore appauvri la population. Le confinement a aggravé une situation sociale et économique déjà terrible partout dans le pays. Bien souvent, la population n’a eu comme solution que de se rabattre davantage sur la ressource naturelle la plus accessible : la forêt. Le charbonnage, le braconnage, la coupe illicite, sont devenus des moyens faciles pour se faire de l’argent. Et survivre.

Arh.

Un monde forestier en flamme

A Madagascar, 2% de la surface forestière est détruite chaque année, un chiffre parmi les plus élevés du monde. Mais le grand bûcher flambe partout dans le monde. “Entre le 1er janvier et le 30 novembre 2019, environ 6 735 millions de tonnes de CO2 ont été relâchées dans l’atmosphère à la suite des incendies de forêt. Et ce triste bilan ne tient pas compte des gigantesques incendies en Australie où un territoire forestier de la taille de l’Autriche a disparu durant ce dernier mois de décembre”, explique l’ONG Graine de vie, qui oeuvre dans la reforestation à Madagascar depuis 10 ans, dans son rapport annuel de 2019. L’organisation poursuit : “Ces feux de forêts ont provoqué sur la même période davantage d’émission de CO2 que les Etats-Unis. En fait, plus de 20% des émissions de CO2 produites par l’homme proviennent de la déforestation.”

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