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Marc Gérard, représentant du FMI à Madagascar: dans la tempête “Coronavirus”, le FMI dans le même bateau que Madagascar

Marc Gérard, représentant du FMI à Madagascar: dans la tempête “Coronavirus”, le FMI dans le même bateau que Madagascar

Le Conseil d’administration du FMI a approuvé cette semaine le décaissement de 165,99 millions de dollars pour appuyer à Madagascar à faire face au coronavirus et ses effets, au titre d’une facilité de crédit rapide (FCR). Un montant record en un temps record ! Dans un entretien exclusif, Marc Gérard, le représentant du FMI à Madagascar détaille pour les Nouvelles la raison de cet appui financier et les recommandations du FMI pour les autorités.
Ce soutien financier fait-il partie d’un programme conclu avec les autorités ? Est-ce que c’est l’Etat qui l’a demandé ?
Ce soutien est une assistance d’urgence. Nous avons débloqué de l’argent en un temps record, car tout s’est fait en une dizaine de jours. Cela ne fait pas partie d’un programme quelconque. Toutefois, on reste en contact avec les autorités pour discuter d’un nouveau programme, successeur de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) [qui s’est terminée en début d’année 2020, NDR]. Le but ultime est d’aider le pays à faire face à la pandémie et à ses effets tant sociaux qu’économiques. Nous avons donc fait le choix de ne pas négocier avec les autorités malgaches pour ce décaissement. C’est normal. Quand la maison brûle, il faut d’abord éteindre le feu. On peut s’occuper ensuite de ses conséquences.

Comment s’est déroulé concrètement un décaissement si rapide ?
La directrice générale du FMI a annoncé que le FMI mettait 10 milliards de dollars à la disposition des pays en voie de développement, pour les aider face à la pandémie. Les autorités malgaches ont fait la demande. Nous, le FMI à Madagascar, avons défendu le dossier auprès du Conseil d’Administration de Washington, en demandant l’enveloppe maximale qui correspond à 50 % du quota de Madagascar soit 166 millions de dollars.

La crise représente-t-elle un danger pour la stabilité de Madagascar ?
Heureusement, grâce aux acquis de la FEC, on n’est pas inquiet sur la stabilité macroéconomique. Le budget est bien tenu. En revanche, on est inquiet sur la croissance. Beaucoup de sociétés vont tourner au ralenti, s’arrêter, faire face à des difficultés de trésorerie, à du chômage partiel. C’est la raison d’être de cette aide qui vient d’être débloquée. Indéniablement, le tourisme est impacté, mais il ne faut pas oublier que d’autres secteurs qui exportent, notamment, seront aussi affectés. Nous recommandons que l’Etat intervienne pour aider les entreprises afin qu’elles puissent continuer à payer les employés. Il faut aussi continuer à payer notamment les personnels de santé, et à acheter les matériels adéquats.

L’Etat a accordé des délais de paiement d’impôts, cela ne risque-t-il pas d’accroître le déficit budgétaire ?
Si bien sûr ! Mais Madagascar peut se le permettre. Vous savez, depuis des années on a fait attention à ce que la dette soit soutenable. Le fait de s’endetter est incontournable dans une crise pareille. Et bien évidemment, on espère que cet argent sera bien employé pour soutenir l’économie.

Propos recueillis par Tiana Ramanoelina

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