Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Sans foi ni loi

Sans foi ni loi

Un des défis de cette lutte contre l’expansion du Covid-19 reste, semble-t-il, le scepticisme d’une certaine frange de la population. Pour elle, il n’y a pas de loi qui tienne et elle n’a donc pas souscrit aux mesures adoptées, en l’occurrence le confinement. Face à elle, les autorités ont toujours prêché dans le désert (ce qui n’est pas le cas des rues de la capitale) malgré les images terrifiantes de personnes malades et décédées du virus à l’étranger.

A l’annonce des premiers cas d’infection au pays, certains n’y ont pas cru, à tel point qu’ils ont demandé à ce que soient diffusées des images des patients pris en charge à Anosiala, Andohatapenaka ou Befelatanana. Démarche inimaginable dans un pays où la délation, la stigmatisation voire l’ostracisme restent encore malheureusement des pratiques courantes et où un simple « tondro molotra » (dénonciation) suffit parfois à déclencher une véritable chasse à l’homme ou une vindicte populaire.

Maintenant que les responsables sanitaires ont fait l’annonce de cas de guérison, certains n’y croient pas non plus… et demandent à voir… Comportement étrange quand on est pourtant si prompt à croire aux rumeurs en tout genre et autres informations invérifiées ou invérifiables. Par exemple cette histoire invraisemblable qui inonde depuis quelques jours les réseaux sociaux, sur des masques soi-disant infectées venant de la Chine et que l’Etat projetterait de distribuer à la population. Simple question de logique à ce propos : le régime a-t-il intérêt à ce que le nombre de victimes augmente ou à ce qu’il y ait des morts ? Au contraire, qui a intérêt à cultiver la peur au sein de la population pour qu’elle ne porte pas de masques et ainsi accélérer la propagation du coronavirus ? Bref, à croire que plus l’aberration ou le mensonge est gros, plus on y croit facilement.

Saisissante également est la réaction de certains croyants qui demandent à rouvrir les temples et églises pour qu’y soient célébrées la Semaine sainte et la Pâques, en totale contradiction avec le dispositif-barrière mis en place, d’où les précisions des chefs d’Eglises.

L’objectif n’est aucunement d’agir en moutons de Panurge, d’autant que le temps du « crois seulement » étatique est révolu. Quitte à exercer son esprit critique, autant que cela serve à se protéger de la contamination et l’occasion sera donnée à chacun de le faire pendant les 15 autres jours de confinement.

On ne le répétera jamais assez, le monde combat un ennemi invisible. Il ne faut pas prendre le risque d’attendre d’en voir les effets dévastateurs, comme ceux constatés dans de nombreux pays d’Europe ou aux Etats-Unis, avant d’y croire. Il sera trop tard à ce moment-là…

 

N.R.

Les commentaires sont fermées.