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Chronique : tout est possible

Remettre de l’ordre ? Au mieux un vœu pieux ; pour les pragmatiques, tout simplement impossible. Et pour cause : les Malgaches sont ingérables, rétifs à tout changement, dépourvus de tout sens civique.

Vérité absolue avant-hier, pour justifier l’inertie des uns et des autres c’est-à-dire tout le monde ; poncif hier encore pour masquer notre crainte du changement. Aujourd’hui, le doute est permis et même conseillé.

En quelques jours, nous, les plus récalcitrants d’entre les rétifs, avons accepté de nous soumettre à un ordre qu’on pourrait nous envier au-delà des mers. Nos motivations sont diverses et variées mais  un point nous rassemble tous, d’où que nous soyons, où que nous vivions : personne ne veut aller (mourir) à l’hôpital. Ce qui est vrai en temps ordinaire l’est plus encore depuis que le coronavirus est officiellement entré dans nos murs.

Nous sommes donc capables de rester dans une queue sans passer devant la personne qui nous précède dans la file. Nous sommes donc capables de ne pas nous pencher sur l’épaule de cette même personne pour écouter ce qu’elle explique au guichetier. Nous sommes donc capables de ne pas vendre d’alcool à 15 heures à proximité d’une école. Nous sommes donc capables de ne pas boire d’alcool et de ne pas manger de brochettes sur le capot d’une voiture au milieu d’une rue passante. Nous sommes donc capables de respecter le silence à 21 heures, c’est-à-dire d’écouter de la musique chez soi, à un volume qui favorisera les relations de bon voisinage. Nous sommes donc capables de fermer boutique à une heure imposée par les autorités.

Nous serions donc capables de respecter le nombre de passagers dans un bus qui serait régulièrement nettoyé et réellement contrôlé. Nous serions donc capables de quitter l’étal du marché en prenant soin de jeter les déchets dans une sobika prévue à cet effet. Nous serions donc capables de laisser aux piétons les trottoirs, aux chaussées les véhicules et aux marchands les marchés.

Hier encore on ne voulait pas le croire. Aujourd’hui on le sait : tout est possible.

 

Kemba Ranavela

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