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Chronique : Ouf, le 8 mars tombe un dimanche !

Que celui qui n’a pas regardé le calendrier 2020 en cherchant les jours fériés me jette la première pierre. Quelle année ! Le 29 mars, le 15 août et le 1er novembre tombent un dimanche. Comme le 8 mars qui, pour nous faire réfléchir sur les droits des femmes, est férié, pour les femmes uniquement. Quand le 8 mars tombe un jour ouvrable, c’est tout le pays qui se désorganise d’un commun accord. Une certaine catégorie de femmes, les salariées, bénéficie d’un privilège qui les place un cran au-dessus des autres femmes. Quand les premières quittent leur bureau à 10h ou peuvent se permettre de ne pas se présenter sur leur lieu de travail, les autres travaillent dans les champs, dans les magasins, dans les échoppes, sur les marchés, dans les lavoirs, dans la rue ou dans les maisons.

Quand le 8 mars tombe un jour d’école, c’est un jour de vacances supplémentaire pour les élèves (garçons et filles) parce que les enseignants sont dans leur très grande majorité des enseignantes et que leurs collègues hommes ne peuvent pas assurer tous les cours à leur place.

A quoi sert donc cette journée chômée pour les femmes (uniquement) ? A faire prendre conscience aux hommes, aux femmes et aux enfants que le monde s’arrête de tourner quand les femmes ne travaillent pas ? C’est peut-être vrai dans certains pays, pas à Madagascar où certaines femmes ont plus de droits que les autres, où la condition sociale, le groupe statutaire et le groupe ethnique sont des paramètres au moins sinon plus importants que la condition féminine.

Nous sommes parfois logées à la même enseigne. Quand par exemple, il prend l’envie à une femme malgache, n’importe quelle femme malgache, de voyager à l’étranger et que le nom de son conjoint est mentionné sur son passeport. Il va sans dire qu’un homme malgache, n’importe quel homme malgache, peut voyager à l’étranger sans que la police des frontières s’inquiète de savoir s’il est marié ou pas. Anecdotique ?

J’ai beau tourner la question dans tous les sens, je ne vois pas comment un jour chômé pour les femmes uniquement est un progrès pour les droits des femmes.

 

Kemba Ranavela

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