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Marché de la vanille : les cours de l’or brun de Madagascar sont en baisse. Pour le meilleur ?

Marché de la vanille : les cours de l’or brun de Madagascar sont en baisse. Pour le meilleur ?

Il demeure toujours difficile d’obtenir des statistiques fiables sur la vanille, tant le marché est fragmenté entre les producteurs, les préparateurs et les exportateurs et que les bénéfices échappent bien souvent à l’impôt… Mais une chose est certaine : les prix sont sur une tendance à la baisse, et, de là, c’est tout le business de la vanille qui pourrait se remodeler à Madagascar, pays qui fournit 80% de la production mondiale (voir tableau). Mais une refonte du marché de la vanille est-elle véritablement une mauvaise surprise pour la Grande Île ?

Pour y voir plus clair dans les données, nous avons interrogé un exportateur, Tsiry Christin Rakotomalala de la société RTHMC export. Selon lui, le prix de la vanille préparée et vendue aux exportateurs avoisine les 360 à 400 dollars par kilogramme aujourd’hui, après plusieurs mois dans la saison. En début de campagne 2020, la vanille se vendait entre 450 et 490 dollars le kilogramme. Et il y a trois ou quatre ans, le prix était plus proche des 550 dollars. Une forte diminution donc, d’environ 30%, depuis le pic.

La baisse va-t-elle se poursuivre ? Il demeurerait des stocks, difficiles à recenser, mais susceptibles de faire baisser les cours s’ils étaient vendus. Mais plus important, le très documenté rapport Arcadia 2019 sur les matières premières en Afrique émet l’hypothèse d’un changement fondamental dans le prix de la vanille. Les auteurs écrivent : “Si la demande est inélastique à court terme – un élément clé de la hausse des cours –, elle ne l’est pas, ou moins, à moyen ou à long terme. Les niveaux de prix subis par les acheteurs les ont en effet logiquement amenés à développer des stratégies alternatives : reformulation et nouvelles recettes contenant plus de produits non vanillés comptent parmi celles-ci. On peut, à cet égard, constater que la demande pour les autres « matières premières phénoliques » a augmenté presque en corrélation avec la baisse de la demande de vanille pure. On estime ainsi que la demande de produits 100 % à base de vanille naturelle pourrait avoir diminué de près de 25 % au cours des cinq dernières années. Ces différents facteurs pourraient, à terme, conduire à une redéfinition du marché de la vanille naturelle.”

Est-on en train d’assister à cette redéfinition ? Rendez-vous en fin de saison pour le bilan. Mais quoi qu’il en soit, la baisse des cours n’est pas forcément une mauvaise chose. Pour au moins trois raisons. D’abord parce que la flambée des prix a été la cause de nombreux vols et de récoltes précoces et donc cette forte hausse a provoqué in fine une baisse de la qualité. Ensuite, les prix exorbitants ont aussi attiré de nombreux acteurs mafieux, qui se fichent du produit, de sa qualité et de sa viabilité mais qui sont intéressés par cette denrée pour blanchir de l’argent. La baisse des cours devrait les faire partir. Enfin, selon les auteurs du rapport Arcadia, parce que l’enjeu, au fond, n’est pas de vendre la vanille le plus cher possible, mais à un prix correct et durable. Ils écrivent : “Sur le long terme, la capacité qu’aura Madagascar à servir la demande internationale à des conditions de prix considérées comme acceptables sera essentielle.”

 

Arh et Emre Sari

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