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Etude tranchante de la Banque Mondiale : “La capture de l’aide par les élites”

L’argent de la Banque Mondiale serait détourné et c’est la Banque mondiale elle-même qui le dirait ? L’institution a publié, le 18 février, un papier de recherche -et d’autocritique- sur le détournement possible d’une partie de son aide financière. Le travail met à jour un curieux mécanisme, une curieuse corrélation…

L’étude, disponible en ligne, a été réalisée par les chercheurs Jorgen Juel Andersen (BI Norwegian Business School), Niels Johannesen (University of Copenhagen and CEBI) et Bob Rijkers (World Bank). Les auteurs ont examiné plusieurs jeux de données bancaires et de décaissements de la Banque Mondiale, dans les 22 pays les plus dépendants des aides de la Banque mondiale, dont Madagascar (voir le graphique à ce propos).

Les auteurs ont remarqué que le déboursement des aides coïncide, au cours du même trimestre, à une augmentation des flux bancaires vers les paradis fiscaux dans chaque pays en question. Ils écrivent : “Concrètement, dans un trimestre où un pays reçoit une aide équivalente à 1% du PIB, ses dépôts dans les paradis fiscaux augmentent de 3,4% par rapport à un pays ne recevant pas d’aide ; en revanche, il n’y a pas d’augmentation des dépôts détenus dans des non-paradis fiscaux. Bien que d’autres interprétations soient possibles, ces résultats suggèrent des détournements de l’aide vers des comptes privés dans des paradis fiscaux.”

Certes, les auteurs ne peuvent pas prouver indiscutablement la nature des flux mais ils estiment que l’accaparement de l’aide par des “politiciens et des bureaucrates” est un mécanisme “saillant et plausible”. Parmi les raisons avancées : “[Cette augmentation de flux vers les paradis fiscaux juste après des déboursements d’aides] peut expliquer pourquoi la piste de l’argent mène à des paradis fiscaux plutôt qu’à des pays qui ne sont pas des paradis fiscaux. Si l’argent provient de la corruption, nous ne devrions ainsi pas être surpris de le voir affluer vers des juridictions dont les institutions juridiques mettent l’accent sur le secret.”

Plus précisément, les auteurs ont utilisé comme jeu de données “des informations trimestrielles sur les décaissements de l’aide de la Banque mondiale (BM) et les dépôts étrangers de la Banque des règlements internationaux (BIS). Ce dernier ensemble de données couvre les dépôts détenus par des étrangers dans tous les centres financiers importants, que ce soient des paradis fiscaux comme la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïmans et Singapour dont le cadre juridique met l’accent sur le secret et la protection des actifs, ou les pays non-paradis fiscaux comme l’Allemagne, la France et la Suède.”

ES

Un ponte de la Banque Mondiale à Madagascar

Hans Peter Lankes, le vice-président Economie et Développement du Secteur Privé d’IFC, membre du Groupe de la Banque Mondiale, s’est rendu à Madagascar cette semaine. Selon le communiqué, “le Vice-Président Lankes a rencontré le Président de la République, Andry Rajoelina, le Premier Ministre Christian Ntsay, le Gouverneur de la Banque Centrale Henri Rabarijohn ainsi que plusieurs ministres responsables de secteurs stratégiques pour IFC (le Ministre de l’Economie et des Finances, le Ministre de L’Energie et des Hydrocarbures, le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et le Ministre du Transport, du Tourisme et de la Météorologie).” L’accent a été mis sur le secteur agricole car Lankes s’est rendu dans le sud pour constater “l’évolution du projet BOVIMA, financé en partie par IFC et qui a comme objectif de construire un abattoir moderne aux normes internationales.” IFC est une institution de financement qui a, au cours de l’exercice 2019, financé plus de 19 milliards de dollars dans les pays en développement, selon le communiqué. Mais on ignore combien sont partis dans les paradis fiscaux…

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