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Baisse des cours de la vanille : les professionnels en paient les frais 

Baisse des cours de la vanille : les professionnels en paient les frais 

La campagne d’exportation de vanille bat son plein actuellement. Pourtant, les cours de la vanille préparée tournent autour de 360 et 400 dollars le kilo contre 450 et 490 dollars au début de la campagne. Tsiry Christin Rakotomalala, gérant de la RTHMC Export, une société spécialisée dans l’exportation de vanille depuis 2013, nous confie comment il vit cette conjoncture. Interview.

*Les Nouvelles : Comment expliquez-vous cette baisse des cours?

– T. C. Rakotomalala: A priori, la diminution de la demande sur le marché international en général explique cette baisse qui était d’ailleurs prévisible. Les commandes diminuent, car les acheteurs et utilisateurs de ce produit ont tendance à utiliser la vanille de synthèse en complément de la vanille naturelle, dont le prix explose ces quatre dernières années.

*Il y a aussi opérateurs et opérateurs dans ce secteur…

-Effectivement, beaucoup d’opportunistes entrent dans la filière. Ces individus faussent les données des autorités. Ils profitent tout simplement de l’embellie du secteur. Quand les cours montent, ces gens investissent. Par contre, quand les cours baissent, ils se retirent et ce sont les professionnels qui en paient les frais. Il y a de cela trois ou quatre ans, les cours de la vanille étaient passés de 150 à 550 dollars le kilo. Aujourd’hui cela a chuté puisque les utilisateurs finaux se plaignent de ne pas avoir assez de marge par rapport aux exportateurs ou aux producteurs.

* Qu’en est-il actuellement des stocks ?

-Au niveau des exportateurs, nous avons évalué les stocks exportables aux environs des 1.200 tonnes. Actuellement, il existerait plus 1.400 tonnes qui attendent d’être écoulées sur le marché.

* A votre avis,  jusqu’où ira cette chute de prix ?

– Certes, les cours actuels sont loin, voire très loin, des 550 dollars enregistrés il y a trois ou quatre années, mais ce n’est pas aussi catastrophique comme on pourrait le penser. Nous achetons la vanille préparée à 1,2 million d’ariary le kilo, environ 350 dollars, il y a deux ans, pour le vendre entre 400 et 500 dollars. Et en début de campagne, nous avons vendu la vanille préparée entre 450 et 490 dollars.

* Comment faites-vous pour calculer le taux de marge bénéficiaire ou de la perte de marge ?

– Nous avons acheté la vanille verte à 200.000 ariary (60 dollars) auprès des producteurs préparateurs. Ce prix doit être multiplié par 6 ou 10 pour avoir le prix de revient des exportateurs, soit aux environs de 2 millions d’ariary. Aujourd’hui, nous vendons entre 360 à 400 dollars. Et, les importateurs nous demandent encore de vendre à 300 dollars, soit un manque à gagner de 60 dollars.

* Et, cela se répercute sur vos affaires…

-L’impact direct pour nous, les exportateurs, c’est évidemment la baisse des chiffres d’affaires et par conséquent, la diminution des dépenses jusqu’à la réduction de personnel. Mais comme tous travaux d’entrepreneuriat, il y a des hauts et des bas et nous devons y faire face en essayant toujours de fournir des produits de qualité, à des prix raisonnables pour chaque acteur à tous les niveaux du secteur. La qualité est bonne cette année, entre 1% et 2,2% de taux de vanilline dans les gousses, jusqu’à 2,5% pour la gousse de très bonne qualité. C’est une bonne chose !

Propos recueillis par Arh.

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