Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Pérégrinations hebdomadaires

Prêcher la patience

Aux lendemains des élections malgré des  taux de participation variant d’une qualification mention passable à celle de médiocre, la population se fait foi d’avoir fait le bon choix jusqu’à prêter fort crédit à la réalisation des projets pour la réussite desquels les vainqueurs des élections se sont engagés. Tout feu tout flamme ceux-ci tout au long de leur campagne n’ont pas été économes de détails pour convaincre du réalisme et parfois même des apparences majestueuses que promettaient en résultats les actions qu’ils proposaient d’entreprendre. Sauf que dans l’élan d’un tel enthousiasme, d’entre les flots de détails ils oubliaient ou préféraient taire les précisions relatives aux calendriers de réalisation, souvent même en accordant plus d’intérêt à faire miroiter des images idylliques en illustration des objectifs proposés ils ont fait l’impasse sur la communication concernant la nécessité d’entreprendre auparavant d’énormes chantiers avec les efforts et les difficultés que cela entend.

Braver la bave de l’impatience

Certains organes des médias, même parmi ceux qui ont manifesté une tendance à adopter une ligne davantage en faveur qu’à faire preuve d’hostilité aux vainqueurs des élections, depuis quelques jours inclinent à dire une impatience. C’est à se demander si ce changement de registre ne fait que rapporter  la perception d’un sentiment qui s’installe au sein de la population ou si en éclaireurs ils formulent leurs propres idées pour soulever le débat dans l’opinion. Il n’y a pas à faire un objet de polémique même si des avis critiques en prennent le ton.

Les premiers responsables, tant au sommet de l’état qu’à la tête des communes d’importance, disposent de collaborateurs dont la mission consiste, non tant à soigner l’image du «boss», mais surtout à dispenser au grand public les informations utiles concernant les actions qu’entreprend l’équipe dirigeante, de fournir au besoin des réponses aux pourquoi et aux comment pour justifier telle initiative ou telle autre décision, avec le dessein sinon de gagner une adhésion active de la population au moins d’obtenir une approbation passive de l’opinion.

Des messages forts ont été adressés par des gestes significatifs entrepris par le Chef de l’État en compagnie du Maire de la Capitale, la communication n’a pas relayé par un égal dynamisme pour en épanouir le sens, laissant ainsi un vide exploité par les opposants qui ont eu tout l’espace pour réduire les gestes en simples gesticulations. Jouant de chance en mettant à profit ce tremplin le camp adverse de ceux qui détiennent le pouvoir a trouvé beau jeu de mener campagne avec l’objectif de retourner l’opinion, en entonnant la partition sur le thème «qui n’avance pas recule». Le constat des choses qui n’avancent pas est facile, pareilles les conséquences en empruntant le raccourci qui mène à exciter l’apparition d’une impatience.
Certes il n’y a pas le feu, avant que les pyromanes ne réussissent à créer un incendie il est temps de nettoyer le terrain des tas de brindilles.

 

Plus d’un jour pour avoir destructuré l’État

Plus d’un jour pour avoir détricoté Antananarivo

L’état et la capitale souffrent de maux identiques, arrivant à la limite d’avoir accumulé les stigmates de gouvernances inadaptées. De plus en plus les populations prennent conscience de l’importance du recul, ayant à faire face à la réalité des difficultés qu’elles ont à surmonter sans compensation d’une jouissance des bienfaits que peut procurer la modernité. Les rôles sont répartis, à l’histoire de juger des responsabilités de cette décadence, aux personnes en responsabilité du pouvoir aux différents niveaux où ils exercent leur charge, d’entreprendre le redressement.

Si le travail de sape (volontaire ou non) a demandé du temps, l’œuvre de redressement ne peut se permettre le luxe de disposer d’un temps égal, l’urgence se fait obligation. Même si l’expérience convainc d’une plus grande facilité à détruire qu’à reconstruire, la nécessité joue contre la prétention à vouloir faire de cette vérité un argument pour gagner du temps. Tout évolue rapidement, comme gage de réussite la vitesse se fait atout indispensable.
Toutefois la précipitation sinon reste un ennemi au moins constitue un important risque d’échec. Or justement en considération de l’urgence qui ne donne plus le loisir de revenir sur le même ouvrage à deux reprises, les responsables de l’action n’ont pas droit à l’erreur, en conséquence doivent se donner le temps de bien viser pour atteindre l’objectif. Une chose est d’avoir entrepris réflexion et établi stratégies pour conquérir la charge de mener l’action que l’on a pris soin d’étudier, autre chose est d’en assumer réellement la responsabilité une fois investi dans la fonction. Mettre à la place là où il faut les collaborateurs qu’il faut, procéder à un état détaillé des lieux, tant entre autre du point de vue financier que pour déterminer les points noirs (ce n’est pas ce qui manque), établir des tabeaux d’urgence et de priorité,… À toutes ces obligations et bien d’autres inhérentes à une cohérence de l’action s’ajoute le devoir de communiquer eu égard à l’impatience de la population et aux exigences du peuple de pénétrer dans une période de changement.


Léo Raz          
 

             

Les commentaires sont fermées.