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Filière crabe : bouleversement dans la législation

Filière crabe : bouleversement dans la législation

Les crabes malgaches, et surtout leurs pêcheurs, vont bientôt connaître un grand bouleversement. Le ministère a entrepris de modifier la législation dans cette filière très prometteuse. “Les crabes sont extrêmement demandés sur les marchés mondiaux et la demande ne cesse de croître”, souligne Eric Jean Michel Rakotomanana, staticien et agro-économiste, très au fait de la filière pêche de Madagascar.

Alors en quoi consiste la réforme ? Le ministre de la pêche, Fanomezantsoa Lucien Ranarivelo répond : “Il s’agit d’un assainissement de la filière. Avant, on délivrait à tous les opérateurs, petits ou grands, le même permis. A partir de cette année, trois types de permis vont être disponibles, le permis des collecteurs-exportat­eurs, le permis pour le marché local et enfin le permis pour les petits collecteurs”. Le premier type ne sera délivré qu’aux opérateurs qui ont déjà fait leurs preuves.

Un opérateur interrogé par les Nouvelles ne refuse pas forcément cette réforme mais demande plus de transparence dans l’octroi des permis. “Il nous est de plus en plus difficile d’obtenir des autorisations et certaines demandes doivent même passer par la Primature, ce que nous ne comprenons pas.”

Autre changement, le ministre déclare que les opérateurs qui auront la permission d’exporter devront payer en avance 75 % des redevances, avant même que la marchandises ne quitte le territoire malgache. “Le fait de payer par avance nous coûte cher, rétorque un opérateur. Concrètement on paie à l’État avant toute activité. En plus, on risque fort d’opérer une vente à perte !”

Cette réforme sera-t-elle appliquée sur le terrain ? Selon le ministre, aucun permis ne sera octroyé avant le 31 mars 2020 et les activités sont même censées être arrêtées jusqu’à cette date. Mais cela n’empêche pas pour autant certains de continuer leurs activités de pêche et d’export, en dehors donc des périodes autorisées… En outre, des pavillons étrangers sont omniprésents dans la zone économique exclusive de la Grande Île sans qu’on puisse tous les contrôler par manque de moyens.

Un pays revient d’ailleurs souvent dans la bouche des opérateurs malgaches qui se plaignent : la Chine. Les locaux s’indignent du fait que les Chinois captent une trop grosse part des ressources et ne créent pas d’emplois pour les malagasy. Mais le ministre réfute la thèse d’un monopole. Il ajoute : “Il faut faire en sorte qu’on traite avec des vrais professionnels et non pas avec des gens qui veulent blanchir de l’argent.”

Aujourd’hui, les Chinois sont très friandes de crabes. Mais à Madagascar, la loi impose de n’exporter que 5 000 tonnes par an, au total. Or, le pays aurait exporté 10 000 tonnes de crabe vers la Chine en 2018, selon le ministère. Un dépassement de quantité tout à fait illégal donc…

Autre problème récent : les douanes chinoises interdisent depuis quelques semaines la rentrée sur leur territoire de tous produits halieutiques, et des crabes vivants et congelés. Les petits pêcheurs malgaches en pâtissent et se tournent du coup vers d’autres marchés.

Dans la Grande Île, le kilo de crabe se vend entre 8 000 et 10 000 ariary. Un prix qui reste bien en deçà des prix à l’étranger, mais les vendeurs expliquent quand même les crabes restent un produit de luxe et que la taille des crabes en vente a nettement diminué.

Ailleurs dans le monde, le marché du crabe a un taux de croissance moyen annuel de 2,8%, et est estimé à environ 30 000 millions de dollars chaque année. “Les parts de marchés sont 31,9% aux Etats-Unis, 11.8% au Japon, 7.5 % en Chine, 5,8% en Espagne, 4.6% en France, 3.6% en Grande Bretagne, 3.5% en Corée du Sud, 3.4% au Canada et 3.1% en Italie”, souligne Eric Jean Michel Rakotomanana, staticien agro-économiste, directeur général du CREAM (Centre de recherche, d’études et d’appui à l’analyse économique à Madagascar), rattaché au ministère de l’Economie.

Tiana Ramanoelina

Les autres produits de la mer bientôt réformés ?

En plus des crabes, le ministre de la pêche a aussi laissé entendre que la législation sur d’autres produits serait sujette à des réformes. La filière pêche à Madagascar représente environ 1% du produit intérieur brut. Madagascar dispose de tout un éventail d’animaux exportables, à destination de nombreux marchés et dans tous les conditionnements. Le pays commercialise ainsi des poissons vivants, frais ou réfrigérés, à l’exception des filets de poissons. La Grande Île expédie aussi des crustacés, même décortiqués, vivants, frais, réfrigérés, congelés, séchés, salés ou en saumure; et des crustacés non décortiqués, cuits à l’eau ou à la vapeur ; des mollusques, même séparés de leur coquille, vivants frais, réfrigérés, congelés, séchés, salés ou en saumure ; des invertébrés aquatiques autres que les crustacés et mollusques, vivants, frais, réfrigérés, congelés, séchés, salés ou en saumure; farines, poudres. Autant de richesses de plus pour la Grande Île.

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