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Chronique : théâtre de quartier

Une fois qu’on a été quelques fois  à la tranompokonolona d’Isotry ou celle d’Analakely, où va-t-on pour apprécier une pièce de théâtre ? Pour être sûr d’assister à un spectacle mêlant tous les genres, du mélo à la farce, du vaudeville à la tragédie, rien ne vaut le fokontany. Ce lieu qui ne paie jamais de mine est celui de tous les secrets du quartier : secret inavouable ou secret de polichinelle, tout finit par se savoir au fokontany.

Hier par exemple, c’est derrière le rideau qui sépare la salle commune du bureau privé que se déroulait la pièce de théâtre du jour.

Sur le banc où s’alignent ceux qui attendent leur tour, pas un bruit. Et pour cause : derrière le rideau censé apporter un minimum de discrétion aux entretiens délicats, une femme hurle et coupe la parole à une autre, qui tente laborieusement de garder son calme.

D’après la plaignante, l’heure est grave. Une voisine, bien connue de tous, défraie la chronique dans sa rue. Cette jeune femme, relativement discrète jusqu’alors, sort maintenant vêtue d’un cache sexe et drôlement maquillée, pour proférer des menaces à tous ceux qu’elle croise. Aux yeux des étrangers au quartier, cette femme serait « une folle ». En réalité, on accourait de partout obtenir les bonnes grâces de la jeune femme possédée par un tromba, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes bien entendu. Très efficace d’après ceux qui l’ont consultée, elle pouvait faciliter les démarches pour s’assurer un emploi sûr, faire revenir un amoureux ou trouver un mari vazaha. C’est dire son succès. Pour une raison inconnue, elles’est mise à révéler ce qui n’aurait jamais dû passer la porte de sa maison. Le quartier en pleine ébullition, une porte-parole a donc été dépêchée  pour demander l’arbitrage du fokontany.

Ce jour-là au fokontany, la verve de la porte-parole a éclipsé toutes les doléances, les certificats de résidence et autres certificats de vie. S’ils avaient osé, les spectateurs auraient applaudi. Mais on était au fokontany, pas au théâtre.

 

KembaRanavela

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