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Chronique: pis que pour les prophètes, peu de crédit aux lanceurs d’alerte

Le public souhaiterait pouvoir les écouter mais les pouvoirs publics eux  ne l’entendent pas toujours de cette oreille, du point de vue des dirigeants souvent les lanceurs d’alerte ne font qu’empêcher de gouverner en rond. Les gouvernants auraient-ils des choses à cacher ? Oui, ils ont même valorisé voire sacralisé leurs petits mystères sous couvert d’une défense des intérêts nationaux en les élevant «secrets d’état». Ce qui n’est pas nécessairement faux, pour preuve les pays «faux amis» réservent bon accueil et donnent asile aux lanceurs d’alerte de leurs rivaux. Les gouvernants des pays alliés manifestent souvent une certaine gêne, soit qu’ils sont concernés par les révélations, soit parce que chez eux l’opinion nationale risque de faire le parallèle et ça finisse par réveiller des soupçons au sein de leur population.

Le décès du docteur Li Wenliang en Chine illustre combien un lanceur d’alerte pire qu’un caillou dans une chaussure arrive à faire claudiquer le pouvoir dans la conduite des affaires du pays. Les contorsions actuelles du pouvoir en Chine ne parviennent à leurrer ni leur opinion nationale dans le pays ni à l’extérieur de leurs frontières. Toubib ce médecin devenu héros post mortem n’a pas été comme certains le prétendent un médecin après la mort, au contraire son diagnostic a précédé les décès atteignant actuellement le nombre d’un millier parmi lesquels lui-meme compte à titre de victime. Pour apprécier de l’utilité ou du danger que présentent les lanceurs d’alerte, on ne peut procéder qu’avec nuances : les circonstances présentent apparence facile à saisir, les conclusions se font complexes à prendre. Le manichéisme n’est pas de mise : rien n’est totalement noir, tout n’est pas entièrement blanc.
Les circonstances ont changé, les populations ont développé un sens critique et les progrès technologiques permettent une circulation des infos en prime et en concurrence de celles que rapportent les médias traditionnels. De ces faits les réseaux sociaux méritent réelle considération. Qui dit considération entend responsabilité, responsabilité comprend liberté, à son tour liberté nécessite réglementation pour en cadrer l’exercice.
Pareillement, comme il s’avère indispensable de procéder à un toilettage du concept «secret d’état» tant il a servi à enfouir sous son tapis toutes sortes de turpitude à l’effectif des gouvernants. Il ne reste pas moins que par delà la transparence exigée de la gouvernance demeurent certaines actions qui par souci de l’intérêt général requièrent  discrétion voire d’être protégées sous le sceau du secret, encore faudrait-il auparavant imaginer des dispositions pour limiter le pouvoir discrétionnaire (qui du fait ne le sera plus tout à fait ) d’en prendre l’initiative.


Léo Raz         

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